Report de la décision du panel : Les dangers des hésitations de l’UA

Le panel de l’Union africaine ne rendra pas de sitôt ses recommandations en vue de décanter la crise en Côte d’Ivoire. Les cinq chefs d’Etat mandatés à cet effet bénéficient d’un délai supplémentaire pour rendre leur verdict. Jusqu’à quand ?

Le communiqué du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine qui annonce cette prolongation, est plutôt évasif. Tout au plus, nous indique-t-on, que le panel est autorisé à poursuivre et parachever sa mission « au cours du mois de mars 2011 ». Cette imprécision montre bien que l’Union africaine a décidé de prendre son temps pour régler le problème ivoirien, du moins de se soustraire de la pression du temps, histoire peut-être de proposer une décision bien murie.

Le hic, c’est que le temps joue contre la Côte d’Ivoire, au regard du drame qui s’y joue aujourd’hui.

La situation sociopolitique y est devenue si préoccupante que les hésitations et louvoiements de l’Union africaine ne sont pas de nature à rassurer les populations aux abois. Elles qui attendaient fiévreusement la décision du panel annoncée dans un premier temps pour le 28 février avant d’être reportée au 4 mars. Avec ce report du verdict tant attendu, il faut craindre que les deux camps adverses ne se lassent d’attendre une décision qui ne tombe pas et donc engagent plus que jamais le dialogue des armes. « On ne croit plus au panel. Ce sont des chimères », déclarait d’ailleurs un leader du Rhdp. Des propos qui traduisent l’état d’esprit général dans les états-majors des deux protagonistes qui se disputent le fauteuil présidentiel. A cause des atermoiements de l’Union africaine, on est donc en train de glisser irréversiblement vers une militarisation de la sortie de crise, avec son lot de morts, d’exactions sans nom. Depuis quelques jours, on ne compte plus le nombre de personnes tuées atrocement aussi bien à Abidjan qu’à l’intérieur du pays. Les affrontements meurtriers entre partisans de Gbagbo et Ouattara se généralisent dans les communes d’Abidjan et dans certaines villes de l’intérieur, au point qu’il n’est pas exagéré de parler de tragédie humanitaire dans les jours et semaines à venir, si d’ici là rien n’est fait pour stopper la saignée. Déjà, on assiste à un vaste mouvement de déplacement des populations d’Abobo et plus récemment de Koumassi, avec son corollaire d’insécurité alimentaire. La Côte d’Ivoire risque de sombrer dans le chaos si, faute d’une décision rapide de l’UA, le recours à la violence devient l’ultime moyen pour chaque camp de faire triompher sa position. Et ça, on ne semble point en être conscient au sein de cette organisation panafricaine.

Assane NIADA

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