Archives de 7 mars 2011

En Ouganda, la difficile réintégration des enfants soldats

(De Kampala, Ouganda) Les rebelles ougandais de l’Armée de résistance du seigneur (LRA) continuent d’opérer impunément. Boutés hors de l’Ouganda en 2006 par le Président Yoweri Museveni, ils se sont « réfugiés » dans les pays voisins, en République démocratique du Congo (RDC), au Sud-Soudan, et en République centrafricaine.

Saccages, pillages, viols et assassinats, telle est la vie des fidèles prédateurs de Joseph Kony, visé par un mandat d’arrêt international depuis 2005. Ce chef rebelle de 50 ans, ancien pasteur, utilise des enfants soldats pour commettre ces ravages depuis la fin des années 1980.

Dans les rues de Kampala, la capitale ougandaise, il n’est pas rare de croiser ces gamin(e)s qui ont fui les rangs de la LRA. Livrés à eux-mêmes, leur existence est à jamais bousillée par ce qu’ils vu, entendu, et commis.
Kidnappée à 9 ans, puis prostituée

Janeth, 17 ans (par précaution, tous les prénoms ont été changés), a rejoint un centre pour enfants des rues. Kidnappée à 9 ans dans le nord de l’Ouganda avec sa cousine, violée devant sa mère lors de son enlèvement, elle aura été utilisée comme prostituée pendant plus de cinq ans par les rebelles. Pour leurs propres besoins.

Après sa fugue de la LRA, elle a vécu trois ans dans les rues de Kampala.

Séropositive, tout comme sa cousine, elle a repris ses études dans un centre des enfants des rues. Anxieuse, elle ne sort presque plus, et quand c’est le cas, elle se fait toujours accompagner.

Alex, 16 ans, est un ami de Janeth :

« Les rebelles ont tué mes parents. Ils m’ont demandé de les regarder faire sinon ils me couperaient les mains. »

Ce qui est frappant dans les témoignages de ces enfants, c’est l’absence de sentiment. Leur voix est monocorde. Leur regard n’exprime rien, seulement le vide. A travers eux, on retrouve la stratégie de Joseph Kony : en déshumanisant ces enfants, il en fait des machines à tuer.

La plupart ne se confie pas, ne parle pas. Mais heureusement, ces ados ont encore des rêves : ceux de devenir avocat, médecin, travailleur social ou même pilote d’avion.
Que veut au juste Joseph Kony ?

« Kony est plus que fou, c’est un démon. C’est un manipulateur qui profite des consciences fragiles des populations rurales », explique une universitaire allemande qui a étudié la question en Ouganda :

« C’est difficile de comprendre mais il tue pour libérer l’Ouganda de Yoweri Museveni, au pouvoir depuis vingt-cinq ans. Il se base sur les dix commandements de la Bible pour l’instauration d’un régime chrétien en Ouganda. Sa méthode est toujours la même : il arrive dans un village, commet des viols, s’empare de tout ce qu’il y a puis brûle les habitations. »

Joseph, 27 ans, est le fondateur d’un centre pour les enfants des rues à Kampala. Il fait de son mieux pour s’occuper de ces ados détruits :

« La première chose à savoir quand on travaille avec des ex-LRA, c’est qu’ils ne font jamais confiance. Ils mentent tout le temps et volent tout ce qui traîne. »

Joseph pousse les ex-LRA à reprendre leurs études. Il a notamment trouvé à certains des sponsors en Europe pour le financement de leur scolarité.
De profonds traumatismes

Après des années en brousse, à vivre de pillages et de crimes, certains enfants retournent tout de même dans leur village d’origine dans le nord de l’Ouganda. Là encore, la réintégration pose de sérieux problèmes. Comme cette jeune fille qui a dû tuer et arracher le cœur de sa mère, sous la menace des fusils des LRA, pour avoir la vie sauve :

« Je fais beaucoup de cauchemars. Parfois, quand je vais chercher du bois pour préparer les repas, dans les environs du village, j’entends comme les voix des LRA qui me donnent des ordres. »

Elle ne fait plus confiance aux hommes, et pense qu’elle ne se mariera jamais. Ses crises nocturnes, caractérisées par des hurlements, la stigmatisent parmi les villageois qui ne comprennent pas et l’appellent désormais « la sorcière ».

Selon certains chercheurs, les LRA sont les rebelles qui ont la pire utilisation des enfants soldats à travers le monde. Les atrocités commises ne permettent aucune reconstruction. Des statistiques montrent que 10% d’entre eux ont été obligés de tuer un proche. Quant aux LRA, rien ne les arrête. Bien qu’en nombre restreint, ils attaquaient encore des civils dans l’est de la RDC, il y a moins de deux semaines.

Publicités

Poster un commentaire

AFFAIRE DES TROIS HELICOPTERES DU BELARUS CHOI PRIS LE DOIGT DANS LA CONFITURE

Il est un proverbe africain qui dit que le voleur a des tas de jours pour en faire à sa guise, chaparder comme il peut mais que la victime n’a qu’un jour pour l’épingler et dévoiler au grand jour sa délinquance. C’est un peu ce qui arrive avec Young Jing Choi, Représentant spécial des Nations Unies en Côte d’Ivoire.
Depuis qu’il a été envoyé dans ce pays, il en a fait voir de toutes les couleurs aux Ivoiriens. Mais chaque mauvais coup était tant et si bien couvert par la

communauté internationale et la cohorte des médias aux ordres que les opinions formatées n’y voyaient en général que du feu. Même ces faits frauduleux comme la magique mutation du taux de participation de 70 à 80 % au second tour, la certification « implicite » qui a ouvert la vanne de l’incroyable légitimation de l’élection d’Alassane Ouattara sur la base de résultats provisoires au demeurant non proclamés dans les formes et les délais, ont pendant longtemps

abusé tellement le battage médiatique et diplomatique était fort. Mais voilà qu’à force d’être assuré de l’impunité, Young Jing Choi a buté sur un mensonge qui dévoile le personnage dans toute sa laide nudité.

Comme à son accoutumée quand il est parti pour faire un grand et mauvais coup, il s’est appliqué à rameuter toute l’opinion autour d’une violation de l’embargo par le pouvoir de Laurent Gbagbo qui, foi de Choi, aurait reçu livraison de 03 hélicoptères du Belarus malgré l’embargo. Il a évidemment oublié toutes les violations (devenues banales) d’embargo au Nord et régulièrement dénoncées même par les Nations Unies.  Après quoi, Choi a décidé pour frapper fort, avant le « délibéré » du panel de l’Union africaine,  d’amener le Conseil de sécurité des Nations Unies à une décision qui fasse mordre la poussière à Laurent Gbagbo.

Mais mazette : le mensonge a été totalement démonté, obligeant le chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Alain Le Roy, à présenter ses plates excuses au Belarus sans en faire de même (et c’est regrettable) pour la Côte d’Ivoire qui a été accusée à tort au même titre que le Belarus.  Plus encore, à ce stade, pour ne pas exposer la Côte d’Ivoire à d’autres supercheries, les Nations Unies devraient amener le représentant Choi à rendre le tablier pour aller exercer ses talents ailleurs qu’en terre africaine si tant est qu’on veuille, en dépit de tout, le conserver dans le système des Nations Unies.

Poster un commentaire

Le commissariat du 6ème attaqué à nouveau : les assaillants repoussés

Dans la nuit du vendredi 4 au samedi 5 mars 2011, la poudre a tonné dans la commune de Koumassi. Particulièrement dans les environs du marché « Djè Konan ». En fait, attaqués pour la seconde fois, en moins de deux semaines, le commissaire du 6ème arrondissement de police et ses hommes étaient aux prises avec des inconnus armés. Tout a commencé aux environs de 3 h du matin, selon des informations de sources concordantes. Des individus armés, depuis une cachette, lancent des grenades offensives dans environs du commissariat. Les minutes qui suivent, à en croire nos sources, des tirs nourris, en direction des locaux de la police se font entendre. Dès lors, les agents de l’ordre ne se font pas prier pour lancer la riposte. Ainsi, répondent -ils au feu par le feu. L’échange de tris déclenché entre forces de l’ordre et assaillants, tapis dans l’obscurité, dans le quartier communément appelé « quartier Adjoukrou », dure une trentaine de
minute. Se sentant certainement en mauvaise posture, les ennemies des policiers replient. Comme l’indiquent les renseignements, ils étaient à bord d’un taxi qui a emprunté la direction du quartier « Kahira ». L’accalmie revenue aux environs de 4 h du matin, les policiers font un ratissage au petit matin. Mais cette opération ne donne pas le résultat escompté. Après donc cette attaque, la seconde, du commissariat du 6ème arrondissement, l’on peut affirmer sans risque de se tromper, que ce service de police est dans le viseur d’inconnus lourdement armés. Malgré cela, le chef de service continue d’instruire ses éléments à la vigilance.
FOFANA Mambé

Poster un commentaire

Ua : Traquenards et pièges contre Laurent Gbagbo

Selon les informations qui nous parviennent par- ci, par- là, le président Laurent Gbagbo serait invité, non plus à Nouakchott comme on le laissait sous- entendre précédemment mais plutôt à Addis- Abeba pour des pourparlers avec le candidat battu Ouattara. Tel serait l’essentiel du contenu du message envoyé par M. Jean Ping, président de la commission de l’Ua.
Que d’errements, que de tergiversations, pour un problème dont tous les contours et pourtours ont éclaté au grand jour ! Tout le monde aujourd’hui, même les partisans les plus farouches de Ouattara sont devenus des sachant dans cette crise post-électorale. Qu’à Dieu ne plaise !
Seulement, le commun des mortels reste perplexe face à cette «gâterie» suspecte dans tous les sens de l’Ua qui avait fermé toutes ses portes à la Côte d’Ivoire et son président. Une suspicion toute légitime.
Non, Laurent Gbagbo n’ira pas à Addis- Abeba. Cette fois- ci son peuple a décidé que les négociations se fassent souverainement sur la terre d’Eburnie.
L’histoire ne ment pas, mieux, l’histoire est un perpétuel enseignement pour la vie.
Ainsi, nous avons souvenance de pas mal de faits similaires qui ont eu des fins tragiques et dont les conséquences catastrophiques pour le devenir des pays concernés.
Dag Hammarskjöld a disparu dans un mystérieux accident d’avion au plus fort de la crise congolaise en allant à des pourparlers avec le sécessionniste katangais Moïse Tshombé dans la nuit du 17 au 18 septembre 1961. C’est à lui que la France avait envoyé le mercenaire Bob Denard pour finir avec la nationaliste émérite Patrice Lumumba.
Tshombé Moïse lui aussi victime d’un enlèvement à son tour et qui, en 1967 a vu son avion détourné sur Alger. Il y mourut en prison en 1969.
Samora Machel a fini tragiquement dans un obscur accident d’avion.
Idem pour John Garang le leader du Sud Soudan tout récemment.
Juvénal Habyarimana et Cyprien Ntaryamina ont vu leur avion abattu à Kigali le 6 avril 1994 et on connaît la suite.
Réunion avec salle piégée pour la fin tragique du président Samuel Doe.
Le piège de l’attentant tendu à l’époque au président Moubarak.
L’attentat contre Aquino, abattu au sortir de l’avion qui le ramenait dans son pays les Philippines après quelques années d’exil aux Etats-Unis.
A Haïti, l’attentat manqué contre Duvalier père qui venait d’être élu démocratiquement et dont la conséquence pour le vieil homme a été pour se protéger, la création de miliciens tristement célèbres, «les tontons macoutes».
Que d’exemples et que d’enseignements à en tirer !
Fatigués des insatiables pourparlers à travers le monde, les Ivoiriens exigent que cette fois- ci les négociations se déroulent ici sur la terre d’Eburnie.
Cependant, pour manifester notre désir ardent de vouloir la paix pour notre pays, nous pourrions être présents à ces pourparlers, avec un homme de trempe et animateur inlassable des pourparlers de paix dans ce pays depuis 40 ans, Laurent Dona Fologo. Il pourrait conduire une délégation avec le ministre des Affaires étrangères et le président du parti présidentiel, Affi N’Guessan.
Nous sommes partant pour la paix, mais pas à n’importe quel prix. Recevoir Ouattara dans le Palais de verre d’Addis- Abéba, c’est lui conférer un titre qu’il n’a pas et qu’il tente d’usurper avec ses complices, celui de président de la République de Côte d’Ivoire. Le piège mis en place est trop gros et trop visible pour ne pas l’éviter. Avant-hier, n’avons-nous pas vu Jean Ping au Golf Hôtel donner du Monsieur le président de la République à Alassane Ouattara ? Il ne manque plus qu’à lui dérouler le tapis rouge en Ethiopie. Nous refusons d’être des «Kouassi Couillon». A bon entendeur, salut.
Ange Marie Ibo Djêgba

Poster un commentaire

La Cedeao totalement discréditée

Dans le dossier ivoirien, la Cedeao s’est totalement discréditée à cause de ses positions dictées depuis Paris.

En février dernier, l’Afrique a vu avec étonnement, Victor Gbeho le président de la commission de la Cedeao presqu’en larmes. Reprochant au président sud-africain, Jacob Zuma un prétendu parti pris pour Gbagbo. C’est- à- dire qu’il veut maintenir Gbagbo au pouvoir ». S’est plaint l’homme depuis le siège de l’Institution à Abuja la capitale nigériane. A la vérité, la Cedeao constate impuissante, sa mise à l’écart dans la résolution de la crise ivoirienne. Avec l’arrivée de l’Ua guidée par le pragmatisme des Sud-Africains Zuma et Mbeki qui apportent une approche purement africaine au dossier. En rupture avec les influences françaises. Une manière de dire que l’Afrique peut elle-même résoudre les propres contradictions sans l’intervention occidentale. Car depuis le déclenchement de cette crise, la Cedeao s’est mise à fond dans le jeu de Paris. On ne reviendra pas sur ses hésitations après l’attaque du 19 septembre 2002. Mais c’est en novembre 2004 que les Ivoiriens ont constaté avec amertume, la soumission grotesque de la communauté à la France. Le monde entier a vu l’armée française sur ordre express de Chirac, massacrer plus de 80 jeunes Ivoiriens qui manifestaient les mains nues devant l’Hôtel Ivoire. La Cedeao a applaudi des deux mains ce crime contre l’humanité, parce qu’il portait la signature de Chirac. Aucun pays n’a eu le courage de se lever pour dire : « Non, on ne peut plus accepter cela en 2004 ». Au contraire, la Côte d’Ivoire a été enfoncée les jours qui ont suivi à Abuja. Reprenant presque en cœur l’hymne à la soumission à Paris. « Nous sommes tous liés au maître. Qui t’a dit de te libérer ». Entonnaient quasiment les Wade et autres qui se pavanaient devant la délégation ivoirienne à Abuja, et fiers de le dire, « Nous n’avons pas de jeunes patriotes chez nous ». Plus de 6 ans après, l’histoire se répète avec la même Cedeao. Pour la communauté, les élections étaient un prétexte en Côte d’Ivoire pour obéir aux ordres de Paris, avec la ferme idée de bouter Gbagbo hors du Palais. C’est pourquoi, après la mascarade de Youssouf Bakayoko et Choï, la Cedeao s’est empressée de s’aligner sur la décision de Sarkozy, sans même tenir compte des réclamations du camp présidentiel. Pour Abuja et Paris, plus de débat, c’est Ouattara qui a gagné. Et là où Gbagbo évoquait des questions de droit ; Wade et Goodluck, poussés dans les dos par Sarkozy, mettait en avant la force des armes. Sur proposition, bien sûr du président français, la Cedeao ressuscite l’Ecomog, une force qui a pourtant laissé des souvenirs douloureux là où elle est passée. En clair, la sous- région à l’exception du Ghana, de la Gambie et la Guinée s’est laissée manipulée pour rentrer en guerre contre la Côte d’Ivoire. Rien que pour des intérêts français. Un retour police à l’esclavage et au colonialisme. Le Nigeria qui se dit géant de la sous-région s’est trouvé dans l’incapacité d’interpeller Sarkozy sur le sens de cette guerre contre le peuple ivoirien. Bien au contraire, il attendait mettre son gigantisme au service des intérêts occidentaux pour briser l’intégration sous-régionale. Alors qu’il n’y a pas longtemps que cette même Cedeao félicitait Gbagbo pour ses immenses travaux de réflexions sur le développement du transport et de l’énergie au niveau sous-régional. Mais, Goodluck et Wade n’en ont cure. Pour eux, Paris décide c’est la volonté de Dieu. C’est donc une décision indiscutable. Heureusement qu’à un autre niveau de décision, l’Ua a fait une leçon à la Cedeao. Mais bien plus. Afrique australe qui donne une leçon à la sous-région. L’Afrique digne et libre se trouve là-bas avec l’Angola, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, la Namibie et autres. Ce sont des pays véritablement libres qui ont leur destin en main. Mais l’Afrique du Sud montre aussi par là, le chemin au Nigeria qui prétend être puissant. C‘est une manière de dire « quand on se dit grand et puissant, on se donne les moyens de dire, non aux Occidentaux quand il le faut ». Ce qui n’est malheureusement pas le cas aujourd’hui à Abuja. Jonathan Goodluk qui n’est pourtant pas à la tête d’une colonie française s’est livré mains et pieds liés à Sarkozy pour des raisons qui lui sont propres. Il est comme Compaoré et Wade, les deux plus grands valets de la France en Afrique. Par leur faute, la Cedeao se trouve dans une position de faiblesse vis-à-vis des autres organisations sous-régionales africaines. Le président Gbagbo a donc raison de dire que s’il pouvait prendre la Côte d’Ivoire pour l’amener en Afrique australe, il l’aurait fait.

Guéhi Brence

Poster un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :