Archives de 9 mars 2011

Bas-Sassandra – Ces manœuvres des MI 24 de l`ONUCI qui inquiètent

Deux hélicoptères MI 24 frappés du sigle de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI) ont survolé hier mardi 08 mars 2011 la région du Bas-Sassandra pour dit-on une mission de  »reconnaissance ». Des confidences faites par une source très informée sur ces manœuvres, les hélicoptères de combats immatriculés UN 185041859 Alpha Bravo et UN 182041976 Alpha Bravo, ayant à bord des équipages, chacun de 4 personnes, ont décollé de la base de l’ONUCI de Daloa à destination du Bas-Sassandra à 10h22 ce mardi. Partis de la cité de l’Antilope, ces engins de guerre ont survolé Soubré, Sassandra et particulièrement la ville de San-Pedro avec une intensification de leurs manœuvres sur la zone portuaire de la cité du Nawa. De 12h 37 à 14h 23, les « oiseaux crachant du feu » ont paradé sur cette zone avec insistance ainsi que les bases militaires de la ville, notamment la légion de gendarmerie qu’elle abrite et les positions des Forces de défense et de sécurité (FDS). Puis ils mettront le cap sur le village de Kablaké situé à 3 km de San-Pedro sur l’axe de la côtière, qui sera survolé à très basse altitude par les hélicoptères de la mission onusienne qui, selon les témoins, vont même tenter l’atterrissage. Finalement, c’est à 15h30 que les deux hélicoptères vont regagner leur base à Daloa. Que recherchaient-ils ces engins dans la zone? A quoi riment ces manœuvrent inquiétantes? Les équipages de ces engins de la mort n’auront d’autres explications à donner à la tour de contrôle que celle de la  »mission de reconnaissance de terrain » qu’ils se sont investis en tant que nouveau contingent de l’ONUCI. Faut-il le rappeler, Laurent Gbagbo, déclaré vainqueur du scrutin présidentiel de novembre 2010 par le Conseil constitutionnel, au motif que la force onusienne appuie les rebelles acquis à Alassane Ouattara, son rival, récuse sur son sol les hommes de Ban Ki-Moon, qui ont décidé de bander les muscles depuis quelque temps pour faire face à toute adversité que leur opposeraient les partisans du camp présidentiel en Côte d’Ivoire.
H.K

Publicités

Poster un commentaire

Lettre aux Ivoiriens:Ne doutons pas, nous ne nous trompons pas

« Il faut prendre l’événement par la main avant d’être pris par lui à la gorge » disait Churchill. Pendant dix ans, les citoyens des démocraties barbares mais dites avancées se sont couchés le cœur léger, bercés par la tranquille assurance qu’il ne pouvait plus rien leur arriver. Pour eux, les philosophies de l’histoire et les idéologies politiques qui avaient dévasté le 20ème siècle étaient définitivement morts avec l’Union Soviétique. Les misères des masses étaient rangées à un passé révolu.

L’heure était non seulement au soulagement et à la détente, mais aussi à la célébration d’un monde nouveau et idéal, aux antipodes des inventions démoniaques du cycle historique meurtrier ouvert en 19914 et clos en 1989 avec la chute du mur de Berlin.
Au moment où elle ne l’espérait plus, Athènes a triomphé de Sparte. L’aube radieuse d’une paix et d’une prospérité perpétuelles se levait, renvoyant à des temps obscurs les disciplines liées à la défense de la liberté, les contraintes de rareté et de rentabilité inhérentes à la création de richesses, la recherche tâtonnante d’une régulation économique et sociale. La liberté n’était plus un combat mais un acquis, le développement ne reposait plus sur le travail mais sur la manipulation illimitée des signes du capital e de l’information ; la justice sociale ne supposait plus des choix volontaires mais naissaient spontanément du jeu du marché ; le destin des nations et la conduite des états se confondaient avec le foisonnement exubérant des réussites individuelles.

Pour faire court, au temps des tragédies des nations et des peuples, caractéristiques du 20ème siècle succédait le temps d’un bonheur privé illimité. Les lendemains qui chantent n’étaient plus à chercher dans les mirages des idéologies mais dans les promesses tangibles de la mondialisation et de la nouvelle économie. La politique des nations développées n’était plus l’art d’agir sur le réel en incarnant des idées et en mobilisant les énergies autour d’un projet, mais celui de coller au plus près aux revirements d’une opinion de plus en plus volatile, capricieuse et blasée. La défiance légitime envers les idéologies se transforma en prime aux caméléons comme les « YES WE CAN ».

Le réveil fut brutal et le prix acquitté pour cette félicité trompeuse particulièrement élevé. A partir de 2000, l’enchainement d’un krach boursier d’une ampleur supérieure à celle de 1923, des frappes terroristes au cœur des démocraties symboles de cette « pseudo Belle-Epoque », des conflits divers, de la crise morale et financière du capitalisme révélée par la faillite scandaleuse d’Enron a semblé transformer brutalement le paradis en enfer. Le spectre d’une nouvelle grande déflation mondiale n’a été conjuré qu’au prix d’un interventionnisme massif des Etats Unis d’Amérique dont les séquelles pèseront durablement sur la stabilité du développement, des changes et des paiements mondiaux. Le surgissement de la Chine, de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud au premier rang de l’économie mondiale remet en question la prééminence des pays développés et des rentes dont ils bénéficiaient du fait de leur monopole sur tous les marchés.
En bref, le 21ème siècle débute sous le signe d’un big-bang de l’histoire qui voit converger l’achèvement du cycle de la colonisation européenne ouvert au 16ème siècle.

De plus de grands bouleversements se sont opérés depuis un quart de siècle mais ceux à venir sont encore plus importants. Les grandes démocraties se sont peu ou prou adaptées. Toutes, sauf une. La France. Qui est à la merci d’une crise majeure. Nous sommes au seuil d‘années décisives qui détermineront le destin de la France, son identité et même sa survie.
C’est cette France-là, celle qui lutte pour sa survie qui veut faire main basse sur les ressources de notre pays. Le discours ne doit plus être emprunt du langage politique. La France est là pour avoir la mainmise sur nos ressources naturelles par l’intermédiaire d’un Burkinabé qui nous dit « merci » à sa manière, celle du mossi qui décapite son maître, s’accapare de ses biens avant de tirer sa révérence. La France, sachez-le chers compatriotes, joue sa survie en Côte d’Ivoire et elle est prête à tout. L’Amérique de OBAMA veut en profiter pour solder les séquelles de son interventionnisme massif qu’elle ne veut pas ou n’a pas le pouvoir de faire payer par ses citoyens en levant de nouveaux impôts. L’Amérique aussi lorgne sur les ressources naturelles de l’Afrique pour soigner les plaies de son errance. En fait, les grandes puissances nous voient comme d’immenses champs de pipelines pétroliers ou gaziers. On le savait, OBAMA est d’abord le président des Américains et il nous le démontre par son analyse mercantiliste de la situation d’après élections de la Côte d’Ivoire. A nous, au peuple de Côte d’Ivoire de savoir s’il veut survivre ou non.

Nous sommes dans une situation qui met face à face des intérêts contradictoires, une situation qui ne laisse aucune place au raisonnement. C’est parce que la situation ne laisse aucune place au raisonnement que nous souffrons. Nous devons donc nous battre. En évoquant l’idée d’une commission internationale d’évaluation, une entorse avait déjà été faite à notre constitution selon moi mais ne dit-on pas que quand le vin est tiré qu’il faut le boire ? Alors, buvons le vin. Aucune autre procédure légère, n’allant pas en profondeur de la situation ne doit être acceptée. Dans tous les cas de figure, le peuple de Côte d’Ivoire, avec à sa tête son Président, doit veiller à ce que le panel fasse un travail sérieux emprunt de rigueur et d’honnêteté. Nous devons savoir qu’ils (la France, les USA, l’ONU) sont encore dans le panel des chefs d’état africains sans y figurer nommément. Ils ne dorment pas et travaillent jour et nuit j’en suis convaincu pour travestir le travail des experts qui arrivent à Abidjan. Ne faisons pas les mêmes erreurs comme partir aux élections avec une liste électorale sur laquelle figurent bien de compatriotes de Monsieur Ouattara et une rébellion sauvage et armée, la certification de Monsieur CHOI, une CEI déséquilibrée en notre défaveur, et c…, ne donnons pas l’occasion à nos ennemis de dire que nous n’acceptons pas les résultats lorsqu’ils ne nous sont pas favorables.

La France et ses alliés luttent pour leur survie comme nous luttons pour la nôtre. La différence entre eux et nous, c’est qu’ils sont soudés contrairement à nous Africains. Dans leur esprit, ils forment un seul pays parce que si la France se porte bien, la Grande Bretagne, la Belgique et consorts pourront profiter des retombées de sa santé économique et sociale. Or, nous savons que chaque pays africain a son maître en occident. La Grande Bretagne fera pression sur ceux que la France ne peut intimider. Voilà pourquoi nous devons rester vigilants et veiller à ce que rien ne nous échappe cette fois-ci Nous ne devons pas faire aveuglement confiance aux pays africains, à l’U.A. Comment croire des hommes politiques trainant tous des casseroles, à même de tenir tête à l’ONU qui peut à tout moment leur brandir la menace de la CPI ? Comment croire des chefs d’états dont les pays vivent sous perfusion des aides de l’U.E, capables de proposer autre chose que ce que leur dictent leurs maîtres européens ? Ne doutons pas. Nous ne nous trompons pas. Le moment de vraiment arracher notre vraie souveraineté est là. Nous devons répondre présents. Nous vaincrons parce que notre combat est légitime.

Que Dieu garde la Côte d’Ivoire.
Richard Inago
Paris, France.

Poster un commentaire

Le retour d’Alain Juppé aux Affaires Etrangères : un mauvais souvenir pour les victimes du génocide au Rwanda

Survie relaie ce communiqué de presse du CPCR (Collectif des Parties Civiles pour le Rwanda) du 2 mars 2011, qui rappelle utilement le passé d’Alain Juppé comme ministre des Affaires étrangères de 1993 à 1995. Nous partageons les interrogations et interpellations soulevées par ce texte.

La nomination d’Alain JUPPE comme ministre des Affaires Etrangères, poste qu’il a occupé de 1993 à 1995, rappelle de mauvais souvenirs à tous ceux qui s’intéressent encore aujourd’hui au génocide des Tutsi perpétré au Rwanda en 1994.

De nombreux observateurs ou historiens ont suffisamment mis en cause le gouvernement français de l’époque pour son soutien diplomatique, financier et militaire à un régime aux abois qui commettait un génocide à la face du monde, dans l’indifférence de la communauté internationale. Or, Alain JUPPE était un des membres éminents de ce gouvernement avec, comme directeur de cabinet, un certain Dominique de VILLEPIN qui en 2003 n’hésitera pas à évoquer «  les terribles génocides qui ont frappé le Rwanda  ».

Pire, en plein génocide, le 27 avril 1994, Jérôme BICAMUMPAKA, ministre des Affaires Etrangères du gouvernement intérimaire qui est en train de commettre le génocide, et Jean-Bosco BARAYAGWIZA, extrémiste de la CDR, ne seront-ils pas reçus à Paris, et par l’Elysée et par le Ministère des Affaires Etrangères ?

Dans le rapport de la Mission d’Information dont il était président, Paul QILLES avait admis, en 1998, qu’il y avait eu « des erreurs, des maladresses, des analyses insuffisantes de la situation » de la part de la France, mais sans aller jusqu’à reconnaître une quelconque responsabilité.

Début 2008, Bernard KOUCHNER, lors d’un discret séjour à Kigali, avait déclaré que Paris avait commis, « non pas des erreurs » mais une « faute politique », déclaration qui avait déclenché la colère d’Alain JUPPE.

Plus encore. En juin 2010, alors que le général LAFOURCADE publie « Opération Turquoise » pour rendre leur honneur aux soldats français engagés en juin 1994 dans une opération militaro-humanitaire de sinistre mémoire, l’ancien ministre des Affaires Etrangères n’hésite pas à affirmer son soutien au général : « Votre vérité est aussi la mienne. Je suis scandalisé par la tentative de réécriture de l’histoire qui vise à faire porter sur la France tout ou partie de la responsabilité de l’abominable génocide rwandais […] L’Opération Turquoise fait honneur à la France et à son armée ».

L’homme qui revient donc aux affaires, aux Affaires Etrangères de la France, est un de ceux qui, mis en cause pour le soutien apporté à un régime génocidaire, n’a jamais éprouvé le moindre remord ni évoqué la moindre remise en cause de son action et de celle du gouvernement auquel il participait. Les victimes du génocide des Tutsi perpétré au Rwanda en 1994 peuvent légitimement craindre le retour d’un tel homme au pouvoir.

Le rapprochement entre la France et le Rwanda de ces derniers mois ne sera-t-il par remis en cause par un ministre qui entend bien exercer toutes les prérogatives que lui donne sa nouvelle fonction ? Acceptera-t-il de reprendre à son compte les propos de deux de ses prédécesseurs qui, dans une tribune du Monde, appelaient de leurs voeux la création d’un « pôle d’enquêteurs spécialisés pour crime de génocide » au TGI de Paris ? Soyons vigilants : les victimes du génocide ont besoin de la justice qu’on leur a promise. Alain JUPPE est-il vraiment l’homme de la situation ?

A Reims le 2 mars 2011

Alain GAUTHIER, président du CPCR

Poster un commentaire

Angré / Paroisse Saint Ambroise Jubilé – Comment vivent les déplacés d’Abobo

Une équipe de reportage de Le Temps est allée voir comment les déplacés d’Abobo vivent à la Paroisse Saint Ambroise du jubilé de Cocody Angré.

L’Elan de solidarité des Ivoiriens autour des victimes de guerre continue toujours de se manifester. Cet effort de compassion se fait de plus en plus sentir dans la communauté chrétienne catholique où les paroissiens posent des actes en ouvrant les portes de leurs églises aux sinistrés de la crise. Après Duékoué où les fidèles catholiques ont accueilli les victimes, ce sont leurs frères d’Abidjan qui leur emboitent le pas en offrant gîte et couvert aux victimes des événements d’Abobo. Ainsi, depuis le dimanche 27 février 2011, la paroisse Saint –Amboise jubilé d’Angré a ouvert ses portes aux déplacés venant de la commune d’Abobo. L’Abbé Eliason Désiré, Curé de la- dite paroisse interrogé hier, lundi 7 mars 2011, dans la cour de l’église raconte :
« Ils sont venus par vagues et nous les avons reçus par compassion. Nous les avons accueillis ici parce que depuis le mercredi 2 mars, nous les voyons passer avec leurs baluchons sur la tête et cela avec de la peine. C’est un élan de solidarité et une façon pour nous de contribuer à l’effort de paix. » A-t-il confié.
Dans la cour de cette paroisse, un dispositif est mis en place par les paroissiens. Il s’agit de la jeunesse catholique repartie en plusieurs départements. A cet effet, on a la Commission accueil et recensement, le département réception des dons, la Commission restauration, la Commission médicale et la Caritas qui reste l’épine dorsale du système. Il est 14 h lorsque la Commission accueil et recensement des victimes nous reçoit. Une équipe de jeunes volontaires catholiques sous une bâche, est très occupée. Il faut montrer patte blanche avant toute entreprise. Le curé de la paroisse l’Abbé Eliasson informé de notre passage nous facilite la tâche. Lorsque vous êtes au dehors, la haute clôture qui entoure la paroisse vous laisse indifférent. Mais dès que vous franchissez le seuil de l’église, vous êtes accueillis par des cris des enfants qui jouent dans la cour. On les voit courir dans tous les sens sur l’esplanade de l’église. Au fond de la cour, sous un grand hangar dressé, on peut apercevoir de nombreux sinistrés. Certains sont assis à même le sol entourés des enfants. D’autres couchés discutent à vives voix. Tout juste à côté du hangar, sont installés des latrines qui jouxtent le bureau du service Caritas. En balayant du regard, on distingue nettement sous une autre bâche, une équipe de jeunes filles qui s’attellent à la cuisine. C’est la Commission restauration. A cette heure-ci, une bonne odeur flirte les narines des visiteurs et surtout les gamins qui sont attirés par cela. A droite du portail principal, est installée l’équipe médicale. Rien n’est donc fait au hasard dans cette cour qui ressemble à un camp de scoutistes, tellement les services sont ordonnés. C’est le service des dons qui nous accueille le premier. En l’absence du président de la commission M. Brou Marcel, c’est son adjoint Yao Arnold qui nous reçoit. «Nous avons reçu beaucoup de dons de la part des paroissiens. Depuis le dimanche, l’élan de solidarité se poursuit. Et les dons arrivent de partout. Il y a des bonnes volontés et surtout les Ong qui continuent de se manifester. Cela nous rassure. Nous ne pouvons pas les quantifier à présent. Mais sachez seulement que nous avons reçu des vivres et des non vivres», a confié le responsable. Ces propos sont appuyés par M. Adio Richard, un autre responsable du département réception des dons qui vient confirmer la réception effective de vivres composés de riz, des boîtes de conserves, des biscuits, des vêtements, des chaussures etc. Celui-ci a soutenu que le service est fait de sorte que tous les sinistrés soient mis à l’aise. C’est d’ailleurs à notre présence que le service restauration a démarré la distribution du repas de midi. Les premiers servis sont d’abord les tout-petits, suivent ensuite les enfants âgés entre 8 et 12 ans et enfin les plus grands. Tout est ordonné. Malheureusement, notre tentative de soutirer quelques mots au responsable est freiné par l’affluence des enfants qui l’ont pratiquement submergé. Au service de recensement, c’est M. Kablan Fulgence qui nous reçoit. Son staff installé sous une bâche s’attelle à établir des statistiques. Dans ce département, chacun dispose d’un ordinateur. «Depuis le dimanche dernier, il y a plus de mille personnes accueillies par nos services. Nous sommes un camp de transit. Les victimes arrivent un peu fatiguées. Nous les recevons et nous les aidons. Ceux qui ont de la famille non loin d’ici quittent très rapidement le camp. Pour ceux qui n’en ont pas, ils passent la nuit ici», a soutenu M. Kablan.
En l’absence des médecins du camp, Dr Diomandé, Dr N’Da et Dr Soro, c’est l’infirmier d’Etat Kouadio Denis qui nous reçoit. Il dresse le bilan sanitaire du camp. «Tout se déroule normalement. Le paludisme et la diarrhée sont les deux cas de maladies que nous rencontrons ici. Un moment, il y a eu une épidémie de choléra qui a vite été maîtrisée. Je n’étais pas encore arrivé ici. Je l’ai appris en arrivant ici. Nous avons aussi des médicaments. Mais si on nous en donne, ça sera le bienvenu», a-t-il fait savoir.

Jean-Baptiste Essis
essisjb@hotmail.fr

Poster un commentaire

Violents affrontements Fds-groupe armé hier, à Abobo ; De nombreux morts signalés

Après les quartiers Pk18, N`dotré, Marahoué et Sagbé-Derrière Rails où de violents affrontements ont mis aux prises Forces de défense et de sécurité (Fds) et un groupe armé, les heurts se sont déportés dans la nuit du dimanche 6 au lundi 7 mars 2011, à Anoukoua Kouté, un quartier périphérique de la commune d`Abobo. Faisant, selon des sources, plusieurs morts et des habitations incendiées dont celle du chef de protocole du chef de village d`Anonkoua Kouté. C`est la peur au ventre que les populations riveraines de ce faubourg ont été réveillées par des tirs nourris qui se sont étendus jusqu`au petit matin. En effet, lD calme précaire qui s`était emparé de la commune depuis la répression d`une manifestation des femmes du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), présageait une reprise imminente des hostilités. Les riverains d’Anonkoua Kouté disent avoir remarqué plusieurs corps jonchant les artères de ce quartier. « Depuis hier (dimanche 6 mars 2011), les combats ont commencé de 14h à 18h. Aux environs de 3h du matin, nous avons été réveillés par des tirs d`armes lourdes jusqu`à 9h. Ce fut un véritable carnage. Il y a eu des pertes en vies humaines. Même le chef de protocole du chef d`Anonkoua Kouté a vu sa maison incendiée», nous a indiqué un riverain par téléphone, avant d`expliquer que l`intervention des rebelles à Anonkoua Kouté serait la réponse à des expéditions punitives dont auraient été victimes 5 malinkés. «C`est vrai au départ, ils avaient dit qu`ils n`avaient pas affaire à la population mais depuis la mort des 5 Malinkés, ils ont promis de revenir se venger. C`est ce qu`ils ont fait hier avec de redoutables armes de guerre», a-t-il rappelé. Et de déplorer l`exode massif qui a suivi les affrontements. D`autres habitants joints par téléphone se sont inquiétés de l`embrasement de la situation. « Nous avons peur. Nous sommes actuellement désemparés. Pendant des heures, ça tirait partout. Nous ne savons pas où donner de la tête. Nous sentons que nous sommes laissés pour compte», a déploré l`un d`entre eux, avant de s`interroger : « A qui allons-nous confier notre sort?». Des informations recueillies auprès d`autres riverains-qui ont jugé l`intervention des Fds tardive à Anonkoua Kouté- font état de ce que des habitants fuyant les combats auraient été pris entre deux feux. D`ailleurs, selon l`un d`entre eux, les intenses tirs d`armes de combat qui déchiraient le ciel durant plusieurs heures auraient provoqué une psychose générale dans bon nombre de quartiers d`Abobo. Ce qui n`a pas manqué d`occasionner un exode massif des populations vers des cieux plus calmes.«J`ai décidé de partir », a déclaré un habitant d`Anonkoua Kouté qui, avant d`insister avec un brin de regret : « Je pars définitivement d`Abobo. Je préfère aller au village pour passer le reste du temps. Je n`en peux plus».

DIARRA Tiémoko

1 commentaire

Eventuelle transition en Côte d’Ivoire – Les confidences de Koulibaly Mamadou

Il n’est pas chaud ! Koulibaly Mamadou n’est pas intéressé par la gestion d’une quelconque transition en Côte d’Ivoire. Le président de l’Assemblée nationale a confié, récemment, à certains proches que l’une des propositions du comité des Experts -mis en place par le Panel des chefs d’Etat africains pour résoudre la crise postélectorale- consistant à lui confier la tête d’une transition est de nature à fragiliser les Institutions ivoiriennes. Le chef du parlement ivoirien s’est montré, selon nos sources, légaliste. Pour le député de Koumassi qu’il est, dès lors que le Conseil constitutionnel a tranché, il n’y a pas lieu de chercher à faire des arrangements politiques.
Dans un article paru les samedi 5 et dimanche 6 mars 2011 dans nos colonnes, nous révélions que les Experts de l’Union africaine (Ua) ont proposé aux cinq chefs d’Etat qui les ont mandatés, l’annulation des scrutins du 31 octobre 2010 et du 28 novembre 2010. Cette annulation devait conduire à de nouvelles élections. Pour les Experts, écrivions-nous, c’est Koulibaly Mamadou, en sa qualité de président de l’Assemblée nationale, qui doit diriger cette transition conformément à l’article 40 de la loi N° 2000-513 portant constitution de la République de Côte d’Ivoire. De fait, cet article dispose, en son alinéa 1, « qu’en cas de vacance de la présidence de la République par décès, démission, empêchement absolu, l’intérim du Président de la République est assuré par le président de l’Assemblée nationale, pour une période de quarante cinq jours à quatre-vingt-dix jours au cours de laquelle il fait procéder à l’élection du nouveau président de la République ».
Cette proposition est une parmi tant d’autres faites par les Experts de l’Ua. Il est donc possible, avec la position de Koulibaly Mamadou, que d’autres schémas soient étudiés (d’ailleurs il y en a plusieurs). Des sources informées rapportent que les Experts de l’Ua, après être arrivés à la conclusion que l’élection du 28 novembre 2010 n’a pas respecté les normes démocratiques, ont fait plusieurs propositions de sortie de crise aux cinq chefs d’Etat du Panel. La principale difficulté résiderait aujourd’hui dans les désaccords entre les membres dudit Panel. D’où la réunion du Conseil de paix et de sécurité (Cps) de l’Ua, élargie au Panel, convoquée, ce jeudi 10 mars 2011, à Addis-Abeba en Ethiopie.

SYLLA A.

3 Commentaires

%d blogueurs aiment cette page :