Archives de 14 mars 2011

Burkina : La révolte gagne du terrain

La vague révolutionnaire partie de la Tunisie et qui s’est étendue dans nombre de pays arabes est-elle en train de gagner le Faso, le pays des hommes intègres? Plusieurs indices plus ou moins pertinents le laissent penser. Partie du décès jugé suspect du lycéen Justin Zongo, la contestation a gagné l’ensemble du pays livré aux flammes rageuses des manifestants.

Même les appels au calme du gouvernement n’ont pas jusqu’ici réussi à faire baisser la tension. Malgré une brève accalmie le temps du FESPACO, les hostilités ont repris de plus belle il y’a quelques jours. Dans les localités de Koupéla, Pouytenga, Gourcy, Yako, Dori, Boulsa, Diapaga, Fada N’Gourma, Ouahigouya, les élèves ont tout brûlé sur leur passage, s’en prenant particulièrement aux édifices publics et aux commissariats de police, libérant plus d’une vingtaine de détenus. Mais c’est surtout Ouahigouya, la quatrième ville du pays qui a cristallisé la rancœur des contestataires. Ceux-ci s’en sont pris pour la première fois aux biens privés ainsi qu’à ceux du Congrès pour la démocratie et le Progrès, le parti au pouvoir.

Toutes choses qui ont amenées les autorités à durcir le ton. Ainsi, le gouvernement burkinabè a décidé de la fermeture, jusqu’à nouvel ordre, des établissements d’enseignements du post-primaire jusqu’au secondaire. Dans un communiqué radiodiffusé, il a dénoncé « l’utilisation des élèves comme boucliers humains par les organisateurs des manifestations ». Initiative qui a eu le don de jeter de l’huile sur le feu. Ce qui apparaît comme un  échec de la stratégie d’apaisement du gouvernement. Craignant d’avoir d’autres morts sur les bras, celui-ci avait choisi de n’opposer aucune résistance à la « revendication légitime » des scolaires, espérant ainsi une accalmie. En outre, il n’avait pas hésité à sacrifier le directeur de la police et le gouverneur de la région du centre-ouest, relevés de leurs fonctions, à libérer les manifestants interpellés et à prendre en charge les soins des blessés. Ces mesures n’ayant pas fonctionné le pouvoir a décidé de durcir le ton. Dans un communiqué, publié lundi 7 mars, Baba Hama, le porte-parole du gouvernement a prévenu qu’il (le gouvernement) « prendra ses responsabilités pour que cessent ces agissements contraires aux règles qu’impose l’Etat de droit à chaque citoyen ». Mais pour le moment la tension reste vive dans le pays et rien n’indique que le calme reviendra de si tôt.

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Pourquoi l’Union Européenne punit-elle les malades ivoiriens ?

INHUMAIN, TROP INHUMAIN ! Qu’ont fait les malades ivoiriens à l’Union Européenne ? De quoi sont-ils donc coupables ou responsables ? Quel crime odieux ont-ils commis, pour que l’accès direct aux médicaments des grands laboratoires européens leur soit désormais interdit ? Car, c’est aussi de cela qu’il s’agit, avec la décision de l’Union Européenne de prohiber le Port d’Abidjan, second port d’Afrique, à tous les navires européens. Or, ceux-ci assuraient, jusque-là, 90% du trafic portuaire. Qui a jugé les malades, pour leur infliger pareille punition ? Les malades ivoiriens ont-ils seulement pris part aux votes, pour être ainsi concernés par la crise postélectorale ivoirienne ? Pourquoi supporteraient-ils les effets collatéraux des sanctions ? Ils font parti des abstentionnistes du premier et du second tour. Les malades n’ont généralement pas de camp politique.

J’incrimine ! Inhumain, trop inhumain, cette Union Européenne-là.

Sous peu, les pharmacies n’auront plus de médicaments à vendre. Les stocks disponibles n’atteindront pas la fin mars, selon les prévisions. Qui souffre ? Non pas les classes moyennes ou embourgeoisées, ni non plus les fonctionnaires internationaux résidant en Côte d’Ivoire. Pour eux, on le sait bien, les médicaments viendront toujours plus vite que leurs maladies, tout comme les chemins marchent plus vite que les écoliers.

Mais souffrent déjà les pauvres, et depuis trop longtemps, ceux qui n’ont pas de familles à l’étranger, les humbles, tous les blessés de la vie. « Tu es pauvre. Or Laurent Gbagbo n’a pas quitté le pouvoir. Donc tu paieras ». Tel est le syllogisme de l’Union Européenne. Cela porte un nom : le cynisme. Mais qu’espère l’Union Européenne ? Que les malades se soulèvent, contre le régime de Laurent Gbagbo ? Mesdames et messieurs de l’Union Européenne, ils n’en ont pas la force. Que leurs parents le fassent à leur place ? Mesdames et messieurs, ils sont occupés à prodiguer l’assistance à leurs malades. Inhumain, trop inhumain ! Ab-surde aussi, absence-de-sens, sens-qui-ne-s’entend-pas. Que l’un des plus vastes ensembles politico-économique du monde, héritière de Kant Emmanuel et des Lumières, qui s’est donné pour hymne l’Ode à la joie de Schiller rédigé sur la demande de Goethe, dispache le « malheur » et bascule si promptement dans le « cynisme », montre combien notre époque est en pleine dévastation, sans repère.

J’incrimine ! Inhumain, trop inhumain. Punir des malades. Lisez et méditez les explications, les alarmes et l’appel pathétique de M. Kouassi Parfait, président de l’Ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, à l’attention d’une humaniste française :

« Bonjour Nora Ansell-Salles,

La réalité est que l’arrêt de la Banque centrale, les fermetures  des banques commerciales, l’arrêt des transactions financières avec l’UE mettent les grossistes locaux dans l’incapacité de régler leurs fournisseurs en UE. De plus, le blocus des ports rend toute importation impossible depuis l’UE. Or 90% des médicaments viennent d’UE. De facto, depuis le 11 février, les flux de médicaments en direction de la Côte d’Ivoire sont interrompus. Il y aura donc pénurie de médicaments une fois que les stocks déjà disponibles seront épuisés. Les délais de couverture sont évalués à environ 1mois et demi, c’est-à-dire d’ici fin Mars. Il ne s’agit donc pas d’un embargo sur les médicaments mais de la conséquence des mesures de blocus général visant à asphyxier le régime Gbagbo. Les programmes de coopération interne sont eux aussi suspendus avec le régime Gbagbo et dans ce contexte, les dotations de fond pour les fournitures d’ARV, tuberculose, paludisme etc., sont eux aussi suspendus. Comme tu vois, c’est un contexte extrêmement compliqué, lié à des décisions politiques. En dehors d’un relais par les humanitaires (ONG..), je ne vois pas comment éviter la catastrophe humanitaire, si d’ici là, le contexte reste en l’état cordialement ! .

Voici venu le temps des « sorciers » et « marabouts » guérisseurs, des vendeurs ambulants de faux-médicaments, des charlatans, des contrebandiers, etc.

Il reste à faire le bilan des morts et des maladies dus à la crise ivoirienne, qui dure depuis 20 ans. Combien d’infarctus, de cas d’impuissances, de névroses diverses, de tués, d’explosion de pathologies graves (sida, malaria, tuberculose, etc.), de destruction du réseau de soins publics et privés (hôpitaux, cliniques, cabinets dentaires, etc.).

Comment rester insensible aux malheurs qui avancent, en s’ajoutant à d’autres malheurs ? Inhumain, trop inhumain ! « On » tue en silence des malades. Malthusianisme et cynisme, depuis des bureaux feutrés. Non pas seulement l’Union Européenne ou les classes politiques ivoirienne et africaine, mais aussi tous ceux qui se taisent, complices d’un jour, complices pour toujours. D’une autre veine, nous sommes, d’une autre tradition nous relevons que celle de la veulerie des élites que fustige Max Gallo. Être Français, en France comme dans le monde, c’est toujours se placer au cœur des problématiques sociales. Et, dans le drame des malades qui a cours en Côte d’Ivoire, je voudrais dire après René Char que les yeux seuls sont encore capables de pousser un cri. Crions donc, de toutes nos forces. Ouvrez large les yeux.

L’Union Européenne ignore superbement le Droit des gens. Mais lorsque les Institutions sont défaillantes, il est des droits et du devoir des citoyens de prendre des initiatives, comme le suggère Gabriel Bonnot de Mably.

Intellectuels, prenez vos plumes ! En son temps, L’abbé Grégoire lança un cri célèbre, que l’on peut reprendre et adapter ici : les ennemis des médicaments sont les amis de l’inhumanité.

Journalistes, inondez d’alertes vos journaux et reportages ! Hölderlin pensait que vous aviez choisi Apollon, parce que Dieu de la vérité.

Avocats, saisissez la Cour Européenne des Droits de l’Homme ! Le droit ne s’affaiblit pas aux portes des malades. Au contraire, il se revigore.

Médecins accourez ! Hippocrate vous a fait jurer secours éternel aux malades. Où est passé le « French doctor » ?

J’incrimine : inhumain, trop inhumain !

Je prends, dès à présent, avec Nora Ansell-Salles, l’initiative de la mise en place du Collectif Médicaments pour la Côte d’Ivoire. Que tous ceux qui sont sensibles au sort des malades se rallient à cette cause. J’en appelle à tout le corps médical français et européen, à l’industrie pharmaceutique, aux associations de prévention et d’aide, aux ONG, au corps législatif. Que se lèvent des bateaux, que s’installe un réseau postal internet pour la livraison, que des réseaux de distribution se substituent aux défaillances. Refusons que des malades soient pris en otage.

Nul, s’il est humain, ne doit rester insensible.

SOURCE : ubiznews

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Ouattrara piégé par les chefs d’Etat

Alassane Dramane Ouattara était visiblement très heureux à Addis-Abeba, à la suite de la réunion du panel des chefs d’Etat mandatés par l’Union africaine (U.A) pour le règlement pacifique de la crise postélectorale. Il était tellement heureux qu’il a indiqué qu’il ne nommera pas quelqu’un ministre si celui-ci n’a pas la même vision que lui. En clair, il veut dire qu’il ne partagera pas son pouvoir. Un pouvoir qu’il n’a pourtant pas et qu’il n’aura jamais. Car à l’analyse de la déclaration des chefs d’Etat du panel, on se rend compte qu’Alassane Ouattara a été piégé.

En effet, les chefs d’Etat ont indiqué à Ouattara qu’il doit se faire investir par le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire. Ils veulent ainsi lui dire que la voie qui conduit à la présidence de la République de Côte d’Ivoire, c’est celle qui est conforme aux lois de ce pays. C’est-à-dire que pour prétendre être président de la République de Côte d’Ivoire, il faut avoir été élu par les Ivoiriens, être reconnu comme tel par le Conseil constitutionnel et être investi par lui.

En d’autres termes les chefs d’Etat veulent dire à Ouattara qu’ils ne pourront le reconnaître comme président élu de la Côte d’Ivoire comme nous le demande Nicolas Sarkozy, que s’il est reconnu par les institutions ivoiriennes notamment le conseil cons-
titutionnel.

Or ces chefs d’Etat savent très bien que ce Conseil constitutionnel a déjà investi quelqu’un, en la personne de Laurent Gbagbo. Ils savent également que le Conseil constitutionnel ne peut investir à la fois deux personnes dans la fonction de chef d’Etat. Car le fauteuil présidentiel, n’est pas un banc. On peut donc dire que, agacés par Sarkozy, les chefs d’Etat se sont débarrassés de Ouattara.

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Réunion des ministres des Affaires étrangères du G8 sur la situation au Japon, en Libye et Côte d’Ivoire

Les ministres des Affaires étrangères des pays du G8 se réunissent les 14 et 15 mars à Paris. Cette rencontre s’inscrit dans le processus de préparation du Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement qui se tiendra à Deauville les 26 et 27 mai prochains.

Les ministres ouvriront leurs travaux sur les conséquences de la catastrophe naturelle sans précédent qui vient de frapper le Japon. Ce sera l’occasion d’exprimer leur soutien et leur confiance au gouvernement ainsi que leur admiration au peuple japonais. Le ministre japonais, Takeaki Matsumoto, pourra aider les États membres du G8 à mieux définir les modalités de leur action à court, mais aussi à moyen et long terme, pour aider le Japon à surmonter cette épreuve.

Cette réunion intervient aussi à un moment marqué par des changements historiques dans le monde arabe. Dans ce contexte, la France a proposé à ses partenaires, qui l’ont accepté, que la plus large part des échanges soit consacrée à la situation dans les pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec une attention particulière sur la situation dramatique qui prévaut actuellement en Libye, ainsi qu’à la question spécifique du processus de paix au Proche-Orient.

Parmi les questions régionales qui figurent également à l’ordre du jour de cette rencontre, le partenariat avec l’Afrique, mais également la situation en Côte d’Ivoire, en Somalie ou au Soudan, occuperont une place importante.

Les ministres auront par ailleurs des échanges sur les autres grandes priorités de la présidence française du G8. Ils aborderont les questions de non prolifération, avec une attention particulière à la conférence d’examen de la convention d’interdiction des armes biologiques et à toxines. Des discussions sont prévues sur les moyens à mettre en oeuvre afin de renforcer encore la coopération en matière de lutte contre le terrorisme international.

A l’issue de cette rencontre, les ministres des Affaires étrangères du G8 tiendront une conférence de presse commune. Les conclusions de la présidence seront rendues publiques à cette occasion.

En marge du G8, le ministre d’État participera aujourd’hui à 17 h, à l’Élysée, à l’entretien du président de la République avec le secrétaire d’État américain, Hillary Clinton.

Alain Juppé s’entretiendra ensuite avec le ministre des Affaires étrangères et du Commerce international du Canada, Lawrence Cannon.

Mardi 15 mars à 8h40 sur le site Convention, le ministre d’État rencontrera le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov.

A 15 h, sur le site de la rue de la Convention, Alain Juppé s’entretiendra avec son homologue japonais, Takeaki Matsumoto.

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