Archives de 18 mars 2011

Pour la seule gloire d’Alassane Ouattara des Ivoiriens sont égorgés dans l’indifférence et dans l’impunité

Les nouvelles qui nous parviennent de la commune d’Anyama et plus précisément celle d’Abobo, peuplée d’environ 1,900 million d’âmes, ne sont pas rassurantes. Ces communes peuplées en majorité des ressortissants de la sous-région ouest-africaine, s’apprêtent à opérer la tragédie humaine jamais réalisée dans l’histoire de la Côte d’Ivoire et qui pourrait, si rien n’est fait, envoisiner la tragédie rwandaise, sans extrapolation. On sait depuis deux semaines que plusieurs milliers de populations ont fui les tueries perpétrées par «le commando invisible» composé de mercenaires convoyés par centaines par l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci). Connaissant la forte densité de cette commune, on en déduit aisément que, les déplacés représentent un nombre infime de l’ensemble des populations. Par conséquent, ceux qui – les plus nombreux-, n’ont pas eu cette chance de fuir les massacres qui s’y perpètrent de jour comme de nuit deviennent des proies faciles. En attendant que le nombre exact soit livré par les organismes étatiques et connu par le grand public, tirer dès maintenant la sonnette d’alarme n’est pas illusoire. Plusieurs faits en notre possession montrent que des domiciles sont pillés, incendiés et leurs habitants éliminés sans autre forme de procès. Beaucoup d’Ivoiriens sont restés coincés et ne peuvent plus sortir de cette commune de peur d’être identifiés et livrés à la vindicte des tueurs. Certains encore se barricadent entre quatre murs, parce que refusant de «céder» les habitations qu’ils ont bâties depuis des années au prix de mille efforts, sont à la merci des mercenaires et autres populations de la Cedeao hostiles et ayant pris faits et causes pour Alassane Dramane Ouattara. D’autres parmi lesquels on dénombre de nombreux vieillards et surtout des malades, se sont tout simplement résignés et attendent leurs bourreaux pour les achever. Dans le village d’Anokoa Kouté, plus d’une dizaine de jeunes ont été égorgés dans la nuit de dimanche 6 à lundi 7 mars, dont une femme qui se prénomme Lucie brûlée vive. Notre informateur coincé dans le village et qui cherche désespérément à fuir, évoque de nombreux cadavres qui jonchent les ruelles du village d’Anonkoua Kouté.
A des barrages de fortunes que ces mercenaires et ressortissants de la Cedeao érigent dans les ruelles des sous quartiers, tout Ivoirien qui vient à passer là est automatiquement identifié et tué à coups de machette. De nombreuses scènes affligeantes se sont déroulées, le week-end écoulé, dans divers sous quartiers allant de Clouétcha, Kenedy, en passant par Samaké, Agbékoua, Akéikoa, Derrière-Rail etc. Des Ivoiriens dans leur propre pays sont repérés, stigmatisés, arrêtés et sauvagement égorgés sous les cris de joie des ressortissants de la Cedeao. Ces derniers estiment avoir trouvé l’occasion unique de faire fortune. Mais surtout de « se venger de ces prétentieux Ivoiriens qui pensent que la Côte d’Ivoire leur appartient à eux-seuls». Sont-ce là quelques quolibets entendus par des partisans d’Alassane Dramane Ouattara qui s’en donnent à coeur joie aux tueries des Ivoiriens dont les noms ne sont pas à consonance nordique. Et quand bien même que des Ivoiriens de souches porteurs des noms du Nord sont arrêtés à des barrages érigés dans ces sous quartiers, ce n’est pas toujours évident qu’ils aient la vie sauve. Ces derniers devant s’exercer à échanger avec les tenants desdits barrages en langue Malinké ou Dioula tout en déclinant le nom de leur village ou région de naissance, pour espérer s’extirper d’Abobo. Nous sommes en plein dans le délit de faciès et il ne fait pas bon de se sentir Ivoirien sur sa propre terre. Les mercenaires de la Cedeao venus principalement du Burkina Faso, du Mali, du Sénégal mais aussi de la Guinée aidés dans leurs basses besognes par les mercenaires d’Alassane Dramane Ouattara, sévissent dans cette commune située en plein cœur d’Abidjan. Combien sont-ils ces Ivoiriens qui ont été égorgés ? Personne n’en a le nombre avec exactitude. Toujours est-il que le massacre continuait jusqu’à hier et ce, depuis un mois que les terroristes y sévissent de jour comme de nuit. A cette allure, nous allons tout droit vers une épuration ethnique, et le mot n’est pas fort quand on sait la méthode utilisée et la haine qu’ont ces mercenaires de la Cedeao des Ivoiriens. Il faut secourir les Ivoiriens d’Abobo et sauver ce qui peut l’être. A tous les prix !
Bertina Soro in Le Temps du 08 Mars 2011

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Les crimes que Sarkozy, Obama, l’ONU et la Cpi refusent de voir

La Cour pénale internationale (Cpi) a récemment haussé le ton, menaçant de poursuivre les auteurs des crimes en Côte d’Ivoire. Ce qui est en soi une bonne chose. Mais le hic, c’est qu’elle semble battre le tam-tam dans une seule direction : le camp de Laurent Gbagbo.Il flotte sur la Côte d’Ivoire un air d’insurrection depuis des semaines. Avec son corollaire de morts. La rébellion armée, appuyée par l’Onuci et la Licorne, ne cesse d’endeuiller des familles ivoiriennes, parfois de la façon la plus atroce. Ces graves atteintes aux droits humains sont ignorées par les médias occidentaux et les pseudo-défenseurs des Droits de l’Homme, dont la Cpi. En revanche, une «égratignure» chez la coalition rebelle les met dans tous les états. On se fend en déclarations tonitruantes. «La Cpi est prête à agir vite», avait assuré son procureur adjoint au lendemain du prétendu assassinat de sept (7) femmes à Abobo. Meurtre qu’elle (Cpi) a imputé aux Forces de défense et de sécurité (Fds), avec une légèreté digne des organisations mafieuses, servant des intérêts occultes. Puisqu’elle n’a pas pris la peine de diligenter une enquête avant de clouer au pilori les forces proches de Gbagbo. Hélas, ces agissements sont la suite logique de la partialité de la Cpi dans le drame que vit la Côte d’Ivoire depuis septembre 2002. Date à laquelle une rébellion armée, adossée à des pays limitrophes, a porté le glaive dans le sein de la mère patrie. Et depuis, les violations des droits humains ont été massives du côté de la coalition rebelle sans qu’aucune organisation n’agite l’épouvantail de la Cpi. La liste est longue, très longue. Nous nous contenterons de citer quelques cas que la corrompue Cpi refuse de voir. Dès les premières heures de la rébellion armée, les tueurs de Ouattara ont froidement assassiné des gendarmes avant de les enterrer dans des fosses communes, à Bouaké. Des gendarmes désarmés qui étaient en détention ont été mitraillés. Les faits ont été rendus publics par Amnesty International. La Cpi a fait l’aveugle et le sourd. Aussi, les localités de Guitrozon et Petit Duékoué, dans le département de Duékoué, ont été la cible des seigneurs de la guerre. Hommes, femmes, vieillards et enfants, surpris dans leur sommeil par une bande d’écervelés qui les ont découpés à la machette, avant de les brûler. Ceux qui fuyaient le brasier ont été fusillés. Ce barbarisme d’un autre âge n’a pas enregistré la moindre condamnation de la Cpi. Et pourtant, les femmes et les enfants sont classés au nombre des personnes vulnérables. C’est cruel. Mais, ainsi va la vie de la Cpi. Une cour aux mains d’une poignée d’impérialistes véreux qui l’agitent en fonction de leurs intérêts. Comment voulez-vous donc que la Cpi démêle l’écheveau du massacre des jeunes patriotes devant l’Hôtel Ivoire, en 2004 ? Si elle est sous perfusion des grandes puissances. Sous prétexte du bombardement d’un cantonnement français, à Bouaké, la soldatesque chiraquienne, non contente d’avoir anéanti la quasi-totalité des aéronefs de l’armée ivoirienne, a prédisposé une centaine de chars dans le périmètre de l’Hôtel Ivoire, à un jet de pierre de la résidence du chef de l’Etat. Les jeunes ivoiriens qui protestaient aux mains nues cette occupation de fait, ont été sauvagement assassinés sans que leur mort n’émeuve personne, encore moins la Cpi. Même l’opposition factionnelle Ib-Soro a tourné à la chasse à l’homme dans les rues de Bouaké. Des jeunes soupçonnés d’être à la solde d’Ib ont été arrêtés et enfermés dans des conteneurs où ils sont morts, étouffés. Leurs fosses communes sont repérables à Korhogo. Que fait la Cpi ? Quels critères président à son fonctionnement ? Pourquoi elle est en transe lorsqu’il y a des morts du côté de ceux qui ont rompu les amarres de la légalité constitutionnelle et reste de marbre lorsque des vigiles et techniciens de la Rti sont ligotés et brûlés ? L’embargo sur les médicaments ne constitue-t-il pas une atteinte aux droits des Ivoiriens qui, pour la plupart, sont pris, contre leur gré, dans les forces politiques centripètes et centrifuges ? Autant d’interrogations qui méritent des réponses apodictiques de la part de la Cpi, ce gendarme des Droits de l’Homme. Qui, visiblement, s’est installée dans une justice à géométrie variable. Et, c’est dommage !Tché Bi Tché in Le temps du 08 Mars 2011

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Ne laissons pas Sarkozy installer une autre marionnette française en Afrique. Du moins, pas en Côte d’Ivoire.

Eh bien ! J’étais choqué, profondément indigné d’avoir entendu à la télévision le chef de l’Etat français proférer un diktat demandant à un chef d’État africain de se soumettre ; c’était comme à l’ère coloniale où les commandants de cercle péroraient leurs injonctions aux « boys ». C’était inadmissible en 2010 ; ce ne le sera pas en 2011 : intellectuels africains, sortez du bois ! Je vous invite à l’indignation et à la révolte, sinon, aujourd’hui chiens couchants de ceux qui vous encensent dans les journaux, ce sont les mêmes qui, demain, vous vomiront avant que vous ne deveniez des barbons : ce qui se passe en Côte d’Ivoire est autant notre problème que celui de ceux qu’on recrute et rémunère afin qu’ils en discutent, suggèrent des menaces qu’ils n’oseront jamais mettre à exécution. « Incroyablement ahurissant, les journaux français que j’ai lus semblaient pro-Ouattara, vouaient Gbagbo aux gémonies et passaient sous une dalle de granit ce texte d’un journaliste américain diffusé par Internet. Gary Bush un journaliste américain dit tout sur la guerre au Golf et à Tiébissou. « Ceux que vous voyez sont des rebelles de Ouattara, quittant son siège de campagne, l’Hôtel du Golf, dans leur tentative de prendre par les armes la Rti, la télévision nationale, le jeudi afin de la remettre à Ouattara. Ils ont été confrontés à un feu intense et décimés. Ils ont perdu un de leurs dirigeants, probablement Issiaka Ouattara dit Wattao. Toutes leurs armes leur ont été fournies à l’Hôtel du Golf par la France et l’Onu qui agissent comme ignorantes de tous ces faits. Certains des rebelles portaient des uniformes de l’Onu. Aujourd’hui, l’armée ivoirienne a détaillé, à la télévision, tous ces faits. Certains groupes civils de Droits de l’Homme demandent au Président Gbagbo de suspendre les relations diplomatiques avec la France et de demander à tous les soldats français de quitter la Côte d’Ivoire. Gbagbo agira t-il ? La question, comme toujours, demeure. Ces « soldats» rebelles sont ce que Ap, Reuters, et d’autres appellent «civils». Le jeudi, 10 soldats de l’armée de Côte d’Ivoire ont été tués sur plusieurs fronts. A l’Hôtel du Golf seul, 38 des rebelles de Ouattara ont été envoyés en enfer. Ni Reuters, ni Afp ni Ap n’en parlent. Mais lorsque vous entendez les rebelles, ils ne peuvent s’empêcher d’en parler. Guillaume Soro a promis de passer à l’attaque une fois encore ce vendredi. Mais aucun de ses «soldats» ne s’est présenté. Peut-être que l’Onu et la France étaient en train de les réarmer après les lourdes pertes qu’ils ont subies. Ce sont ces mêmes rebelles qui occupent le nord de la Côte d’Ivoire depuis 2002. A 40 km au Nord de Yamoussoukro, un autre groupe de rebelles de Ouattara venant de Bouaké a tenté de faire main basse sur Tiébissou. Mais l’armée de Côte d’Ivoire les y attendait. Encore une fois, ils ont subi de lourdes pertes. La France et les rebelles de Ouattara n’ont jamais désarmé. Ils sont encore dans le Nord où le viol et le meurtre sont leur jeu favori. Néanmoins, vous n’entendrez rien à ce sujet. Aujourd’hui, la représentante de l’Amérique à l’Onu, Susan Rice, lors d’une conférence de presse, a parlé des évènements d’Abidjan. Lorsqu’elle a été interrogée sur les rebelles attaquant Tiébissou, elle a tenté d’éviter la question, avant de répondre que ce n’était pas important en termes d’attaque. (…) « Gbagbo doit gagner pour que la démocratie l’emporte. Un politicien qui envahit un pays avec des assassins sans cœur ne devrait jamais être autorisé à devenir Président, même avec l’aide de l’ensemble de l’Organisation des Nations unies et 95 % des élections truquées. L’indépendance de la France n’est pas gratuite. Ne laissons pas Sarkozy installer une autre marionnette française en Afrique. Du moins, pas en Côte d’Ivoire. (…) « Aujourd’hui, comme hier en septembre 2002, lors du déclenchement d’une rébellion militaire ouvertement soutenue, voire totalement planifiée par un chef d’État voisin, Blaise Compaoré, et fait inédit en Afrique subsaharienne, coupant le pays en deux, l’opinion publique africaine et internationale s’est vue servir une interprétation unilatérale, voire tronquée, des événements. (…) Hier avec Jacques Chirac, aujourd’hui avec Nicolas Sarkozy, selon des méthodes différentes, l’objectif est le même : évincer coûte que coûte Laurent Gbagbo du pouvoir, et préserver la cohésion du pré carré français en Afrique. Finalement la rebellion était un alibi pour la France de destituer Laurent Gbagbo tout en se cachant derrière l’ONU, L’UA et la CEDEAO….(…) « Jamais l’ONU n’a outrepassé de telle manière son mandat, y compris au Timor oriental, au Kosovo, en République démocratique du Congo, pour ne citer que ces exemples. Faisant fi des institutions d’un pays souverain, membre des Nations Unies depuis cinquante ans, et ne se donnant pas le temps de permettre à la Commission électorale de débattre des contestations soulevées au cours des délibérations, M. Choi a incontestablement cédé aux pressions de certains pays, dont et surtout la France représentée en Côte d’Ivoire par un ambassadeur dont le parcours professionnel est un parfait condensé de la Françafrique. Par Olympe Bhêly-Quenum in legrigriinternational

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Guerre et misère diplomatiques / Le personnel des ambassades «contrôlées» par Ouattara dans le désarroi

Le petit personnel des ambassades et représentations diplomatiques de Côte d’Ivoire embrigadés par Alassane Dramane Ouattara peine à être payé. Trois (3) mois que cela dure, pendant que les «ambassadeurs» eux se la coulent douce dans les hôtels huppés.

Fin décembre 2010, fin février 2011, cela fait trois (3) mois que les ambassadeurs nommés par Alassane Dramane Ouattata président du Rdr « élu par la communauté internationale », ne sont pas payés. Ce sont environ onze (11) représentations diplomatiques qui sont concernées par cette situation. C’est le cas des représentations diplomatiques de France, Canada, Genève (Omc – Organisation mondiale du commerce- et système des Nations unies), New York (représentations consulaires et l’Organisation des Nations unies).
Il y a une semaine, le président du Rdr vaincu de la présidentielle du 28 novembre 2010, envoyait une délégation conduite par Ali Coulibaly, son «ambassadeur» en France. Ce dernier devait plaider auprès du président français Nicolas Sarkozy qui devait délier bourse. Malgré la requête acceptée par l’autorité française, les moyens ne sont toujours pas décaissés. Et les agents des représentations diplomatiques et organismes internationaux contrôlés par Ouattara continuent d’attendre. Si les «ambassadeurs», se la coulent douce dans les hôtels les plus huppés avec les frais mis à leur disposition, ce n’est pas le cas des agents et petits personnels des représentations diplomatiques. Ces derniers attendent trois (3) mois de salaires impayés. Ce qui ne se fait pas sans grogne. Selon des sources diplomatiques, un chauffeur très affecté est décédé des suites de sa maladie, la semaine dernière, faute de moyens pour se soigner. Les militants du Rhdp ne sont pas eux aussi épargnés. Ceux-ci fulminent de colère. Démotivés, ces derniers disent ne rien comprendre de la situation que leur inflige «leur président Ouattara». Ils se sentent floués et victimes d’une situation qu’ils «n’ont pas créée» et s’en remettent à «leur» président. Fin décembre 2010, un petit fonctionnaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) à la solde d’Alassane Dramane Ouattara s’était permis de bloquer, pendant une semaine, le virement du personnel diplomatique de la Côte d’Ivoire à l’extérieur. Cette somme s’évaluait à 1,9 milliard de francs Cfa. Un cas de banditisme que le ministère légal de l’Economie et des Finances du gouvernement non moins légal du Premier ministre Aké N’Gbo a pu régler. Tout est rentré dans l’ordre grâce à l’Etat ivoirien et l’argent du personnel diplomatique a pu être convoyé par d’autres moyens. Quant aux «ambassadeurs» à la solde d’Alassane Dramane Ouattara et reconnus par les pays ci-dessus cités, ils continuent d’attendre les moyens demandés par le candidat reconnu vainqueur par «la communauté internationale» et promu par le président français Nicolas Sarkozy. Pendant ce temps, Ali Coulibaly et une poignée d’entre eux nommés par Ouattara dorment à l’hôtel payé aux frais des contribuables à la guerre contre la Côte d’Ivoire.

Source :  Le Temps

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Dossier : Embargo sur les médicaments – Le crime silencieux de l`UE contre les ivoiriens/« Médecins sans frontières«  condamne…

Pour asphyxier la Côte d’Ivoire au plan économique, diplomatique et sanitaire en vue de contraindre Laurent Gbagbo à céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara, l’Union Européenne (UE) a pris une série de décisions au nombre desquelles une mesure d’embargo. Malheureusement, cette option semble faire plus de mal aux populations dans toutes leurs composantes qu’aux personnes pourtant visées. Plus d’importation, plus de marchandise, plus de nourriture, mais surtout plus de médicament dans les officines. Ce qui a pour conséquence des morts massifs dans les hôpitaux aussi bien publics que privés. Selon le président de l’Ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, Parfait Kouassi, depuis le 10 février 2011, tous les bateaux contenant des médicaments à destination de la Côte d’Ivoire ont rebroussé chemin en direction d’autres pays africains, du fait des sanctions de l’UE. Pourtant, apprend-on de source officielle, en Côte d’Ivoire, 80 à 85 % des importations de médicaments sont faites par voie maritime. Ce qui correspond à la bagatelle de 300 milliards de F.CFA mobilisés par an par l’État pour importer les médicaments, dont 200 à 220 milliards de F.CFA pour le secteur privé. Sur le terrain, le constat est bien triste dès lors qu’aucun grossiste ne peut se faire ravitailler en produits pharmaceutiques faute de liquidité ; les banques étant fermées depuis plusieurs semaines. Résultat, il y a rupture de certains médicaments de première nécessité pour sauver la vie d’innocentes populations. Cette situation déplorable qui n’émeut point la communauté internationale et qui celle-ci complice d’un crime silencieux, interpelle à plus d’un titre. A commencer par les professionnels de la santé en Côte d’Ivoire qui ont organisé, le 24 février 2011, un sit-in au siège de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Abidjan avant de menacer de poursuivre l’Oms et l’UE devant les juridictions compétentes pour  »crime contre l’humanité ». Ensuite, l’Organisation non gouvernementale internationale à but humanitaire  »Médecins sans frontières » (MSF). A travers un communiqué publié, mercredi 16 mars 2011 sur son site Internet, MSF accuse la communauté internationale de provoquer une pénurie de médicaments en Côte d’Ivoire qui aura de graves répercussions sur la population au moment où la situation socio-politique se dégrade de jour en jour et aggrave le quotidien des Ivoiriens. Comment cela pouvait-il en être autrement quand on sait qu’au Centre hospitalier universitaire (Chu) de Cocody, par exemple, le centre d’hémodialyse n’a plus de médicaments pour ses 104 insuffisants rénaux qu’il prend en charge.  »Avec le soutien de l’État, le centre d’hémodialyse de Cocody a pour habitude de vendre les kits de dialyse aux malades à 2.000 F.CFA au lieu de 64.000 F.CFA. Mais depuis l’embargo de l’Union européenne sur les ports ivoiriens, les bateaux ne viennent plus avec les médicaments, dont les kits de dialyse », a confié récemment à la presse le président de l’Association ivoirienne des dialysées et insuffisants rénaux de Côte d’Ivoire. Cette situation, selon le ministre de la Santé du gouvernement Aké N’Gbo, Christine Adjobi, a occasionné déjà la mort de 24 dialysés en Côte d’Ivoire. Un drame qui est également vécu par plusieurs catégories de malades et qui fait craindre des lendemains plus sombres en terre d’Eburnie ; notamment pour les malades du Vih / Sida, du diabète, du paludisme, des Accidents cardio-vasculaires (AVC) qui ne bénéficient plus d’assistance médicale pour se maintenir en vie, voire des cas nécessitant des interventions chirurgicales eu égard à la menace de pénurie tout comme du matériel susceptibles de manquer dans les hôpitaux et centres de santé dans les semaines et mois à venir. C’est à juste titre que les professionnels de la santé membres du Syndicat national des cadres supérieurs de la santé (Synacass-ci), sentant venir le drame, ont attiré l’attention de la communauté internationale, jusque-là indifférente, sur l’amalgame qui est fait entre la politique et la vie des populations pourtant mentionnée en première page de toutes les chartes. Bien entendu, celle de l’ONU, qui mentionne le caractère sacré de la vie de l’homme et celle des droits de l’homme qui met le bien-être de l’humanité au cœur de toutes ses actions. Alors question, l’UE va-t-elle continuer de laisser les populations ivoiriennes à leur sort et les regarder payer ainsi de leur vie une situation dont elles ne sont pas coupables ? Le bons sens doit, nécessairement, prévaloir au nom du droit à la vie qui est un droit fondamental et  »inaliénable » reconnu par la charte des Nations Unies sur les droits de l’Homme.

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