Les conditions de la capture du président Gbagbo affaiblissent Ouattara

Les éditorialistes mettent l`accent mardi sur les défis qui attendent le président ivoirien Alassane Ouattara après la capture de son rival Laurent Gbagbo et s`interrogent sur les conséquences de l`intervention militaire directe de la France, ex-pouvoir colonial.

 

« Ouattara a peut-être gagné mais sa victoire hier montre les faiblesses du président élu il y a quatre mois », relève François Sergent dans Libération. « Ce n`est pas lui qui a finalement délogé et fait plier son rival, Laurent Gbagbo, mais les forces de l`ONU menées par l`armée de l`ancien colonisateur. »

 

« Le plus difficile commence pourtant: la pacification. », estime Laurent Marchand dans Ouest France.

(…) Il est permis de s`inquiéter des conséquences de l`intervention militaire directe de la France », énonce Pierre Bastien dans La Marseillaise.

« +Le cauchemar est terminé+. On voudrait tellement croire cette affirmation de l`ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro !, renchérit Olivier

Picard dans les Dernières Nouvelles d`Alsace. Mais « la violence du conflit va laisser des traces qui ne s`effaceront pas sous l`effet de la volonté de l`Onu », poursuit l`éditorialiste. « Les conditions de la défaite finale de Gbagbo affaiblissent, paradoxalement, la légitimité de la victoire de son vainqueur. Toutes les précautions oratoires prises par Paris n`y changeront rien : Alassane Ouattara restera, dans les esprits, un président installé par les bombardements et les hélicoptères français… »

 

« Que la Licorne française ait mis un doigt de pied dans la résidence de Gbagbo ou pas, de toute façon l`assaut final n`aurait pas pu réussir sans l`intervention encore plus directe des hélicoptères, des chars et de forces spéciales françaises« , résume Xavier Panon de La Montagne.

Pour Hervé Favre de La Voix du Nord, « la capture de Laurent Gbagbo met fin à une situation surréaliste » sans garantir « pour autant le retour rapide à la paix civile ».

« La volonté des gagnants de traduire Laurent Gbagbo devant la justice ne plaide pas pour une réconciliation rapide, surtout si les enquêtes sur les exactions s`arrêtent à la porte du vainqueur », poursuit-t-il.

(…) Ouattara devra, aussi, « prouver qu`il n`est pas la marionnette de la France », ce qui pourrait se révéler une tâche « ardue », souligne Patrick Fluckiger dans L`Alsace. « En attendant », ironise-t-il, « les fortes paroles de Nicolas Sarkozy, qui avait juré de rompre avec la vieille pratique des interventions armées de la France en Afrique, sont à ranger au rayon, déjà bien garni, des effets de manche non suivis de concrétisation ».

SOURCE :   AFP

  1. Poster un commentaire

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :