Attention, l’Occident a faim ! Appel à la responsabilité de « l’homme africain »

Aux premières heures de l’opération militaire « Aube d’une Odyssée » en Libye, nous étions de ceux qui pensaient que cette « croisade » était peut-être d’un mal nécessaire. Les nouvelles générations africaines ne veulent plus entendre parler des « dictateurs » ou des « hommes forts ». Nous voulons tout simplement vivre normalement sur une terre normalisée.

Nous nous sommes donc légitimement demandés ceci : les Tunisiens et les Égyptiens ont réussi à faire partir leurs potentats début 2011, alors pourquoi pas les Libyens en attendant les autocrates d’Afrique sub-saharienne ? Mais il est vite apparu que les 6 millions de Libyens ne souhaitaient pas forcément et en la circonstance le départ du Guide de Tripoli. En tous cas, pas de cette manière-là : à coup de missiles et de bombes occidentales !

AUX ARMES AFRICAINS ?

La fin d’une dictature est d’abord et avant tout une question nationale qui concerne en priorité les populations d’un pays donné. A-t-on eu besoin d’avions de guerre français ou Britanniques pour chasser Moubarak ou Ben Ali ? Bien sûr que non ! Et puis, il y a eu la Côte d’Ivoire le 11 avril 2011 (date de l’attaque de la résidence de Laurent Gbagbo le Président légal de la Côte d’ivoire jusqu’à la prestation de serment d’une autre personnalité devant le Conseil Constitutionnel de la RCI), la France a tout d’un coup cessé d’être le modèle du futur en Afrique francophone. Et pour cause ? L’ONU a été utilisée comme un « machin » pour recoloniser les Africains francophones par l’intermédiaire des Ivoiriens. Nous avions l’impression de revivre l’ère W. Bush toutes proportions gardées.

Mais comment comprendre au 21e siècle, que « l’homme africain » en zone francophone accepte encore de se laisser massacrer (comme avant les Indépendances) sans rendre coups pour coups ? Sommes-nous redevenus des Indigènes comme nos parents ? Les Françafricains arrivent avec des principes universalistes, ils prennent les terres et dictent leurs conditions aux familles de Noirs dont on ne veut plus dans le football français, ceux qui ne sont pas satisfaits sont assassinés froidement, les leaders protestataires sont exilés, les femmes sont violées, les images sont manipulées et ceux qui veulent se battre sont mis hors d’état de nuire de quelque manière que ce soit. C’est pourtant inacceptable pour une intelligence quelconque!

Il faut désormais rejeter l’expédition militaire « l’aube d’une Odyssée » en Lybie et le rôle de l’Armée Françafricaine en Afrique francophone car ces entreprises ressemblent plus à un « braquage à mains armés » d’états souverains en terre africaine qu’à une promotion de la démocratie chez les Noirs ou les Arabes.

A cette allure, il vaut mieux garder nos dictateurs plutôt que de se faire dévaliser par des coalitions internationales qui ne pensent qu’à nous voler à défaut d’acheter nos richesses au juste prix et à nous tuer loin des yeux de l’Occident. Tout ce qu’il y a de plus regrettable dans cette tragédie postcoloniale est que « l’homme africain » ne se soit pas décidé à résister coûte que coûte à la Françafrique d’une part (qui n’a pas l’intention de faire le moindre cadeau aux Africains) et d’autre part que l’Afrique francophone dispose de si peu de ressources intellectuelles pour théoriser et imposer la nécessité de l’émergence d’une démocratie africaine.

LA FRANCAFRIQUE C’EST LA MORT

L’Occident françafricain préférerait voir des millions de morts en Afrique plutôt que de perdre l’accès à nos matières premières. Peut-on le lui reprocher ? Peut-être que non, il défend ses intérêts. Ce qu’il y a d’étonnant est que « l’homme africain » en Afrique francophone se défende si peu ou si mal : Le Gabon, le Togo, le Bénin, le Tchad et la Côte d’Ivoire ont reçu mille fois moins de bombes sur la tête que la Lybie ou le Viêt-Nam. Et pourtant, nous sommes souvent prêts à nous rendre sans combattre.

L’homme africain en territoire françafricain ne réalise-t-il pas encore que le sombre dessein est de nous éliminer jusqu’au dernier si nous refusons de dilapider davantage ce qui nous reste comme richesses ? Certains veulent négocier, qui avec la France, qui d’autre avec l’ONU ! Pourquoi pas ? Mais comprennent-ils seulement que le Golfe de Guinée est entré en guerre, malheureusement ? On nous a déclaré une guerre totalement injuste et nous devons répondre pour une fois au lieu de nous attendre à de la compassion de la part de ceux qui ne pensent qu’à la permanence de leur civilisation !?

Quand allons – nous prendre conscience de ce qui se passe ? Il y a des Noirs et des africains qui pensent être respectables parce qu’ils sont flattés de plusieurs manières par l’Empire Françafricain avant de réaliser comme Rama Yade récemment, qu’ils ne représentent qu’un faire-valoir, dont on peut se débarrasser comme d’un mouchoir après qu’il ait servi.

A quoi sert donc tout cet argent que certains acteurs ont amassé dans nos pays africains ? Ils pensent probablement qu’en le mettant dans les mains de journalistes bien connus, de certains groupes ésotériques occidentaux ou certains réseaux, ils changeront la face de l’Afrique. Erreur ! Le Sénégalais Léopold Sédar Senghor qui avait bien servi la Françafrique est mort comme un paria alors que Césaire qui avait été toute sa vie « boudé » par les médias français est devenu une référence malgré son discours contre le colonialisme.

Mais de quoi as – tu peur, homme africain ? De la mort ? Nous devons tous mourir un jour ! Des Françafricains ? Ils ont aussi peur que toi !

Nous devons nous battre pour nos droits y compris contre l’Armée Françafricaine car il n’est pas normal que quelques milliers de soldats contrôlent 20 millions d’Ivoiriens. Dans le même temps, une coalition de plusieurs armées occidentales ne parvient pas à vaincre la Lybie avec ses petits 6 millions d’habitants. Houston (Afrique francophone), nous avons un problème ! Que sont les « fiers guerriers dans les savanes ancestrales » devenus ? N’existeraient-ils que dans les manuels de la poésie nègre ?

Arrêtons de danser le décalé ou la rumba congolaise un certain temps ! L’heure est grave ! Cessons de nous quereller pour des questions ethniques et anticipons par rapport à ce qui se passe : Nous avons cru que nos adversaires étaient les Bongo, Sassou, Déby, Eyadéma, Bozizé et autres dictateurs ! Nous découvrons que ce sont de simples pantins. Le mal de l’Afrique francophone c’est la Françafrique. On se couche ou on la combat par tous les moyens ? C’est à chacun de voir ! Mais ceux qui pensent trouver une réponse dans des « réseaux » autre que les peuples africains se trompent. Aucun de ces réseaux ne nous fera cadeau de la liberté. Nous devrons la conquérir.

Bruno Ben MOUBAMBA

bruno@moubamba.com

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