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A qui profitent les sanctions de l’UE ?

1. Qui de la Côte d’Ivoire, de la France ou encore des opérateurs économiques des différentes plate-formes portuaires ivoiriennes (port d’Abidjan et de San-Pedro) paient le plus lourd tribut des sanctions de l’UE? Parce qu’il est difficile de comprendre que dans le souci de vouloir asphyxier un individu et son camp, l’on mette à mal les activités de tout un secteur donné. Les sanctions de l’UE et de la France sur les ports ivoiriens, faut-il le noter, sont tombées le 14 janvier 2011. Ces sanctions concernent le gel des avoirs du port en France, l’interdiction aux navires immatriculés sur l’espace européen de faire des escales dans ledit port et l’interdiction pour le directeur général d’effectuer des missions en Europe. Dans les premiers jours, la note officielle de l’UE n’a pas porté ses fruits. Tout simplement parce que 99% des navires ne sont pas immatriculés en Europe. La plupart de ces navires sont immatriculés au Bahamas, à Panama et au Liberia où ils bénéficient de pavillons de complaisance. Fort de cet échec, la sanction a changé de cible pour s’étendre aux navires européens. Plus d’un mois après la mise en œuvre de ces sanctions, l’on note effectivement un ralentissement de l’activité économique en zone portuaire. Les navires continuent de venir dans les eaux ivoiriennes mais, à cadence réduite. La Côte d’Ivoire n’est, certes, pas dans une situation chaotique. Mais elle commence à ressentir durement les pertes de trafics. Bien que ces mesures soient désastreuses pour les autorités ivoiriennes, se sont les opérateurs économiques de la plate-forme portuaire qui en payent le lourd tribut. Ces hommes d’affaire commencent, du reste, à ne plus tenir le coup. D’où des mesures de compression, qui jettent involontairement à la rue des milliers de travailleurs. Aussi, les mesures prises n’épargnent pas de nombreux opérateurs privés (transitaires, consignataires et manutentionnaires), singulièrement des Européens, qui interviennent dans ces secteurs. C’est le cas de ce géant français sur les côtes ivoiriennes, dont les activités connaissent une sérieuse baisse à l’image de bien d’entreprises françaises installées au port d’Abidjan, et qui risquent de perdre leur position de monopole avec les tentatives de diversification de partenaires commerciaux par les autorités ivoiriennes en place.

I.B.

La riposte du camp Gbagbo
. Les grosses manœuvres de Gossio, DG du PAA

Le gouvernement Aké N’Gbo ne veut pas assister impuissant à la mort programmée des ports ivoiriens durement éprouvés par les sanctions de l’UE. Le premier responsable de la plate-forme portuaire d’Abidjan, Marcel Gossio, directeur général, a effectué une mission en Chine pour négocier de nouvelles opportunités d’affaires. En attendant une suite favorable à ces différentes missions, le camp Gbagbo réfléchit au développement d’un armement national. L’objectif étant de prendre des initiatives visant à garantir la continuité des opérations dans les ports d’Abidjan et de San-Pedro. La session extraordinaire de l’Assemblée nationale du mercredi 23 février a été le lieu pour les parlementaires de plancher sur cette question. Le ministre de l’Equipement et de l’Assainissement, Ahoua Don Mello, a énuméré les mesures urgentes prises au cours de cette session. Il s’agit, entre autres, du développement du transport maritime inter-côtier, l’affrètement de navires, le développement d’armements nationaux, la prospection de nouveaux horizons pour les échanges extérieurs de la Côte d’Ivoire, eu égard aux conséquences des embargos sur les deux ports ivoiriens. Celles-ci se résument en termes de baisse de l’offre de transport maritime, mais aussi de trafic de navires. Pour le port d’Abidjan, selon le ministre Don Mello, de 7 navires en moyenne par jour en 2010, l’on n’enregistre plus aujourd’hui que 5 navires. Sans compter le renchérissement des coûts de transport et du fret, la forte déviation du cacao, le risque de fermeture de certaines entreprises du fait de la baisse des activités économiques, le détournement des trafics des deux ports vers des ports voisins. Conséquence, le port ivoirien, l’un des plus gros de l’Afrique subsahariennne, court le risque de la perte de sa position de leader de la sous-région. Par exemple, le chargement de cacao est passé de 21359 tonnes au 23 janvier 2010 à 1180 tonnes au 20 février 2011. Le tonnage en vrac est passé, sur la même période, de 24000 à 00 tonne. Cela montre qu’il y a danger à l’horizon. Si rien n’est fait pour sauver la situation.

I.B.

Source : L’Inter

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