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L’horreur continue : Des civils emprisonnés à la station Lubafrique à Yopougon

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Ils sont jeunes, ce sont des élèves ou étudiants que la rébellion de Ouattara qualifie de miliciens. Depuis le 23 avril ils sont retenus prisonniers dans des conditions inhumaines à la station lubafrique de Yopougon Niangon terminus du bus 27.Tout le monde ferme les yeux devant la souffrance de ces jeunes ivoiriens. Ouattara a fait vider toutes les prisons du pays, les prisonniers sont tous armés dans le pays et les jeunes qui représentent l’avenir de ce pays sont martyrisés

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Les FDS ont-ils vraiment répondu à l’appel de Ouattara ?

La Côte d’Ivoire est tombée bien bas. C’est le lieu de le dire lorsqu’on se rend dans les rues de la capitale économique. Incroyable mais vrai! Des gendarmes de l’armée française en train de régler la circulation à Abidjan à la place de nos forces de l’ordre. Depuis ce matin.

Le régime Ouattara a-t-il vendu la Côte d’Ivoire à la France?

C’est à juste titre, au vue de ce spectacle révoltant, que Ouattara est identifié à un gouverneur de la France en Côte d’Ivoire. C’est la France qui l’a installé par la force, c’est elle qui assure sa garde rapprochée et logiquement c’est avec elle que le gouverneur Ouattara est appelé à gouverner.

Ce spectacle est aussi la preuve que les forces de défense et de sécurité (FDS) n’ont toujours pas répondu massivement à l’appel du camp Ouattara. Alors que la plupart des policiers de l’armée nationale se sont évadés dans la nature, les gendarmes restent cloîtrés dans leurs casernes, refusant de collaborer avec les forces rebelles de Ouattara.

Les FRCI, qui sont pour la plupart des analphabètes, dont les éléments ont été pour la plupart recrutés sur le tas, n’ont pas été formés au maintien de l’ordre, à plus forte raison à la gestion d’un commissariat.

Le pouvoir français, encore une fois, vient à la rescousse de son poulain.

Combien de temps cela va durer?

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Les règles de la propagande de guerre

Comment les médias occidentaux ont-ils couvert les diverses guerres qui ont suivi la première guerre du Golfe ? Peut-on dresser des constats communs ? Existe-t-il des règles incontournables de la « propagande de guerre » ? Oui.

1. Cacher les intérêts. Nos gouvernements se battent pour les droits de l’homme, la paix ou quelque autre noble idéal. Ne jamais présenter la guerre comme un conflit entre des intérêts économiques et sociaux opposés.
2. Diaboliser. Pour obtenir le soutien de l’opinion, préparer chaque guerre par un grand médiamensonge spectaculaire. Puis continuer à diaboliser l’adversaire particulièrement en ressassant des images d’atrocités.
3. Pas d’Histoire ! Cacher l’histoire et la géographie de la région. Ce qui rend incompréhensibles les conflits locaux attisés, voire provoqués par les grandes puissances elles-mêmes.
4. Organiser l’amnésie. Eviter tout rappel sérieux des précédentes manipulations médiatiques. Cela rendrait le public trop méfiant.

Règle n° 1. Cacher les intérêts.
La règle la plus fondamentale de la propagande de guerre, c’est de cacher que ces guerres sont menées pour des intérêts économiques bien précis, ceux des multinationales. Qu’il s’agisse de contrôler les matières premières stratégiques ou les routes du pétrole et du gaz, qu’il s’agisse d’ouvrir les marchés et de briser les Etats trop indépendants, qu’il s’agisse de détruire tout pays pouvant représenter une alternative au système, les guerres sont toujours économiques en définitive. Jamais humanitaires. Pourtant, à chaque fois, c’est le contraire qu’on raconte à l’opinion.
La première guerre contre l’Irak a été présentée à l’époque comme une guerre pour faire respecter le droit international. Alors que les véritables objectifs, exprimés dans divers documents – même pas internes – du régime US étaient :

1. Abattre un régime qui appelait les pays arabes à s’unir pour résister à Israël et aux Etats-Unis.
2. Garder le contrôle sur l’ensemble du pétrole du Moyen-Orient.
3. Installer des bases militaires dans une Arabie saoudite déjà réticente. Il est très instructif, et cocasse, de relire aujourd’hui les nobles déclarations faites à l’époque par la presse européenne européenne sur les nobles motivations de la première guerre du Golfe.

De tout cela, zéro bilan.
Les diverses guerres contre la Yougoslavie ont été présentées comme des guerres humanitaires. Alors que, selon leurs propres documents, que chacun pouvait consulter, les puissances occidentales avaient décidé d’abattre une économie trop indépendante face aux multinationales, avec d’importants droits sociaux pour les travailleurs. Le vrai but était de contrôler les routes stratégiques des Balkans (le Danube et les pipe-lines en projet), d’installer des bases militaires (donc de soumettre la forte armée yougoslave) et de coloniser économiquement ce pays. Actuellement, de nombreuses informations sur place confirment une colonisation éhontée par les multinationales dont US Steel, le pillage des richesses du pays, la misère croissante qui s’ensuit pour la population. Mais tout cela reste soigneusement caché à l’opinion internationale. Tout comme les souffrances des populations dans les divers autres pays recolonisés.
L’invasion de l’Afghanistan a été présentée comme une lutte anti-terroriste, puis comme une lutte d’émancipation démocratique et sociale. Alors que, là aussi, des documents US parfaitement consultables révélaient de quoi il s’agissait. 1. Construire un pipe-line stratégique permettant de contrôler l’approvisionnement de tout le sud de l’Asie, continent décisif pour la guerre économique du 21ème siècle. 2. Etablir des bases militaires US au centre de l’Asie. 3. Affaiblir tous les « rivaux » possibles sur ce continent – la Russie, l’Iran et surtout la Chine – et les empêcher de s’allier.
On pourrait analyser pareillement comment on nous cache soigneusement les véritables enjeux économiques et stratégiques des guerres en cours ou à venir : Colombie, Congo, Cuba, Corée… Bref, le tabou fondamental des médias, c’est l’interdiction de montrer que chaque guerre sert toujours des multinationales bien précises. Que la guerre est la conséquence d’un système économique qui impose littéralement aux multinationales de dominer le monde et de le piller pour empêcher ses rivaux de le faire.

Règle N°2. Diaboliser.
Chaque grande guerre commence par un grand médiamensonge qui sert à faire basculer l’opinion pour qu’elle se range derrière ses gouvernants.
– En 1965, les Etats-Unis déclenchent la guerre du Vietnam en inventant de toutes pièces une attaque vietnamienne contre deux de leurs navires (incident « de la baie du Tonkin »).
– Contre Grenade, en 83, ils inventent une menace terroriste (déjà !) qui viserait les USA.
– La première agression contre l’Irak, en 1991, est « justifiée » par un prétendu vol de couveuses dans une maternité de Koweït City. Médiamensonge fabriqué de toutes pièces par la firme US de relations publiques Hill & Knowlton.
– De même, l’intervention de l’Otan en Bosnie (95) sera « justifiée » par des récits truqués de « camps d’extermination » et des bombardements de civils à Sarajevo, attribués aux Serbes. Les enquêtes ultérieures (tenues secrètes) montreront pourtant que les auteurs étaient en fait les propres alliés de l’Otan.
– Début 99, l’attaque contre la Yougoslavie sera « justifiée » par une autre mise en scène : un prétendu « massacre de civils » à Racak (Kosovo). En réalité, un combat entre deux armées, provoqué par les séparatistes de l’UCK. Ceux que les responsables US qualifiaient de « terroristes » au début 98 et de « combattants de la liberté » quelques mois plus tard.
– La guerre contre l’Afghanistan ? Plus fort encore, avec les attentats du 11 septembre. Sur lesquels toute enquête sérieuse et indépendante sera étouffée, pendant que les faucons de l’administration Bush se précipiteront pour faire passer des plans d’agression, préparés depuis longtemps, contre l’Afghanistan, l’Irak et quelques autres.
Chaque grande guerre commence par un médiamensonge de ce type : des images atroces prouvant que l’adversaire est un monstre et que nous devons intervenir pour une « juste cause ».
Pour qu’un tel médiamensonge fonctionne bien, plusieurs conditions sont nécessaires : 1. Des images épouvantables. Truquées si nécessaire. 2. Les marteler plusieurs jours, puis prolonger par des rappels fréquents. 3. Monopoliser les médias, exclure la version de l’autre camp. 4. Ecarter les critiques, en tout cas jusqu’au moment où il sera trop tard. 5. Qualifier de « complices », voire de « révisionnistes » ceux qui mettent en doute ces médiamensonges.

Règle N° 3. Pas d’Histoire !
Dans tous les grands conflits de ces dernières années, les médias occidentaux ont caché à l’opinion les données historiques et géographiques essentielles pour comprendre la situation des régions stratégiques concernées.
En 1990, on nous présente l’occupation du Koweït par l’Irak (qu’il ne s’agit pas ici de justifier ou d’analyser) comme une « invasion étrangère ». On « oublie » de dire que le Koweït avait toujours été une province de l’Irak, qu’il en a été séparé en 1916 seulement par les colonialistes britanniques dans le but explicite d’affaiblir l’Irak et de garder le contrôle de la région, qu’aucun pays arabe n’a jamais reconnu cette « indépendance », et enfin que le Koweït est juste une marionnette permettant aux Etats-Unis de confisquer les revenus du pétrole.
En 1991, en Yougoslavie, on nous présente comme de gentils démocrates « victimes » deux dirigeants extrémistes, racistes et provocateurs, que l’Allemagne a armés avant la guerre : le Croate Franjo Tudjman et le Bosniaque Alia Izetbegovic. En cachant qu’ils renouent avec le plus sinistre passé de la Yougoslavie : le génocide anti-serbe, anti-juif et anti-rom de 41-45. On présente aussi les populations serbes de Bosnie comme des envahisseurs alors qu’elles y vivaient depuis des siècles.
En 1993, on nous présente l’intervention occidentale en Somalie comme « humanitaire » en cachant soigneusement que des sociétés US ont acheté le sous-sol pétrolifère de ce pays. Et que Washington entend contrôler cette région stratégique de la « Corne de l’Afrique » ainsi que les routes de l’Océan Indien.
En 1994, on nous présente le génocide rwandais en faisant silence sur l’histoire de la colonisation belge et française. Laquelle avait délibérément organisé le racisme entre Hutus et Tutsis pour mieux les diviser.
En 1999, on nous présente le Kosovo comme une terre envahie par les Serbes. On nous parle de « 90% d’Albanais, 10% de Serbes ». Passant sous silence la forte diminution du nombre des Serbes lors du génocide commis dans cette province durant la Seconde Guerre mondiale, puis durant l’administration albanaise de la province (années 80). On escamote aussi l’existence au Kosovo de nombreuses minorités (Roms, Juifs, Turcs, Musulmans, Gorans, etc…). Minorités dont « nos amis » de l’UCK avaient programmé le nettoyage ethnique, qu’ils réalisent aujourd’hui sous les yeux et avec la bénédiction de l’Otan.
En 2001, on crie haro sur les talibans, régime certes peu défendable. Mais qui les a amenés au pouvoir ? Qui les a protégés des critiques des organisations des droits de l’homme afin de pouvoir construire avec eux un juteux pipeline transcontinental ? Et surtout, au départ, qui a utilisé le terrorisme de Ben Laden pour renverser le seul gouvernement progressiste qui avait émancipé la paysannerie et les femmes ? Qui a ainsi rétabli la pire terreur fanatique en Afghanistan ? Qui, sinon les Etats-Unis ? De tout ceci, le public ne sera guère informé. Ou trop tard.
La règle est simple. Occulter le passé permet d’empêcher le public de comprendre l’histoire des problèmes locaux. Et permet de diaboliser à sa guise un des protagonistes. Comme par hasard, toujours celui qui résiste aux visées néocoloniales des grandes puissances.

Règle N° 4. Organiser l’amnésie.
Lorsqu’une grande puissance occidentale prépare ou déclenche une guerre, ne serait-ce pas le moment de rappeler les grands médiamensonges des guerres précédentes ? D’apprendre à déchiffrer les informations transmises par des états-majors ô combien intéressés ? Cela s’est-il produit à l’occasion des diverses guerres des années 90 ? Jamais. A chaque fois, la nouvelle guerre devient la « guerre juste », plus blanche encore que les précédentes, et ce n’est pas le moment de semer le doute.
Les débats seront pour plus tard. Ou jamais ? Un cas flagrant : récemment, un super-menteur a été pris la main dans le sac, en flagrant délit de médiamensonge. Alastair Campbell, chef de la « communication » de Tony Blair, a dû démissionner quand la BBC a révélé qu’il avait truqué les informations sur les prétendues armes de destruction massive. Ceci a-t-il provoqué un débat sur les précédents exploits du dit Campbell ? N’aurait-il pas été intéressant d’expliquer que toute notre information sur le Kosovo avait été concoctée par ce même Campbell ? Que cela méritait certainement un bilan et une réévaluation de l’information donnée sur la guerre contre la Yougoslavie ? Il n’en a rien été.
Source : michelcollon.info

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Côte d’Ivoire. Forfaiture de l’ONU démontrée.

Ceux qui doutent encore du fait que l’ONU n’est plus qu’un instrument au service de quelques grandes puissances, peuvent aller consulter les documents mis en ligne sur le site de l’ONU. Un conseil, évitez les retranscriptions qui en sont faites par l’AFP et d’autres médias d’état français, ceux-ci ont pris la facheuse habitude de les charcuter.

Le rapport du groupe d’experts de l’ONU dont Survie demandait la publication dans son communiqué de presse du 6 avril sur la Côte d’Ivoire a enfin été rendu public.

Après sept mois de blocage, le comité des sanctions l’a transmis le 20 avril au conseil de sécurité. Ce dernier l’a publié une semaine plus tard, à la veille d’une nouvelle résolution qui reconduit pour un an l’embargo sur les armes et diamants. Pourquoi avoir attendu sept mois pour publier ce rapport ?

Les experts y mettent l’accent sur le réarmement des rebelles, leur refus des inspections des lieux susceptibles d’abriter des armes, leurs équipements militaires récents et le rôle du Burkina dans l’acheminement des armes et des munitions. Les détails rapportés permettent d’affirmer que l’économie de guerre mise en place par les chefs de la rébellion génère des recettes – non reversées au budget des Forces nouvelles – de l’ordre de cent millions de dollars.

Trois com’zones sont particulièrement épinglés : Ouattara Issiaka (alias Wattao) à Séguéla, Losseni Fofana (alias Loss) à Man et Martin Fofié Kouakou à Korhogo. Le groupe d’experts suggère d’élargir les sanctions déjà prises contre Fofié à Wattao et Loss. Bref, le rapport montre que, loin de préparer leurs troupes au désarmement et à la réinsertion préalablement aux élections, comme l’exigeait le quatrième accord de Ouagadougou, les hommes de Guillaume Soro préparaient la reprise du conflit armé qu’ils avaient déclenché en 2002. Ces éléments plaidaient clairement en faveur d’un nouvel ajournement des élections. Depuis 2005 au moins, la France a manoeuvré pour que les élections aient lieu sans désarmement.

On sait que les diplomaties britannique et sud-africaine se sont inquiétées de l’absence de désarmement, sans aller jusqu’à s’opposer publiquement à la position française.

Le blocage du rapport montre l’instrumentalisation de l’ONU dans la crise ivoirienne. Un nouvel indice de cette instrumentalisation circule sous la forme d’une série de photographies. On y voit des casques bleus déportant Gbagbo vers Korhogo, où il est confié au chef de guerre Fofié Kouakou. Celui-là même qui est sanctionné depuis 2006 par l’ONU pour de très graves atteintes aux droits humains !

Ajoutons que le 30 mars, le comité qui chapeaute les experts a allongé la liste des individus sanctionnés. Non content de mettre sous le tapis le rapport, le comité a ignoré ses recommandations et préféré inscrire l’ex-couple présidentiel et trois personnes de leur entourage.

L’ONU n’a pas favorisé la préparation d’élections libres et transparentes.

L’ONU a préparé la prise de pouvoir de Ouattara pour plaire à la France!!!

Dr Michel Lambret

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Célébration de l’après Gbagbo – La louange du diable

Notre confrère Le Patriote est formel : « 30 jours sans Gbagbo et le Fpi, la Côte d’Ivoire vit mieux ». C’est sa Une du mercredi 11 mai 2011, rappelant qu’il y a un mois (11 avril – 11 mai 2011) que Laurent Gbagbo a été renversé du pouvoir. Notre confrère se complait dans un regard jouissif d’une réanimation de façade de la vie économique et sociale de la Côte d’Ivoire pour conclure que 30 jours après la chute de l’ancien Président de la République, ce pays vit mieux. Vraiment ! Mais n’oublions pas que ce quotidien est le même qui, en son temps, avait théoriquement divisé la Côte d’Ivoire en deux, avec un Nord coupé du Sud, qui avait promu dans la conscience nationale l’idée des coups d’Etat, de la rébellion jusqu’à ce que cette rébellion soit une réalité affligeante. Et l’auteur de l’article est formel : « la Côte d’Ivoire vit mieux ». Or, l’actualité ne cesse de démontrer qu’il n’y a plus de place dans les morgues et que les cadavres jonchent encore les rues de certains quartiers d’Abidjan.

De nombreux charniers sont découverts à Yopougon et ailleurs. Les exactions et les exécutions sommaires continuent de jeter l’effroi sur les survivants. C’est tout cela qui est réjouissant pour le confrère qui jubile. C’est vrai, entre celui qui porte le coup et celui qui reçoit le coup, la sensation ne peut être la même. Le premier jouit et le second gémit. Le confrère, comme d’habitude, se trouve dans le camp de ceux qui portent le coup. C’est pourquoi il célèbre les assassinats. Il loue la violence. Il magnifie le sang. Il loue donc le diable. Et l’auteur de cette louange du diable mettra sa main au feu pour prouver qu’il est Ivoirien. Qu’il aime ce pays. Qu’il aime les êtres humains. Y compris ceux tués lâchement. Qu’il est chrétien ou qu’il est musulman. Qu’il croit en un Dieu vivant. Et qu’il a la crainte de ce Dieu. C’est fort de cette logique qu’il se réjouit et affirme que ce pays vit mieux depuis la chute de Gbagbo. Des familles entières disparaissent jour et nuit. Des hommes et des femmes, traqués pour leur opinion, comme jamais cela a été vu sous le régime Gbagbo. Et notre confrère, certainement loin des larmes et de la douleur, qui ne sait pas ce que cela signifie que de devoir changer de couchette tous les jours, estime que « la Côte d’Ivoire vit mieux » après Gbagbo. On se rend donc compte qu’il existe deux Côte d’Ivoire. Celle qui jouit et celle qui gémit. Mais il est malheureux de constater que la France, l’Onu et l’Union européenne sont complices de cette louange du diable. Puisque ce sont elles, à travers la Licorne et l’Onuci, qui organisent ces massacres. De même, les organisations des Droits de l’homme, qui devraient être indignées par de telle promotion de l’horreur et du non-droit se terrent, pour ne pas dire pire. La louange du diable, qui a divisé deux fois la Côte d’Ivoire, la plonge de plus en plus dans la guerre civile et même les génocides. Sous les yeux de la communauté internationale. Dommage !

Suzanne Assalé In  Le Temps

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Comme au Rwanda – Allah Kouakou organise la guerre civile en Côte d’Ivoire

Apparemment, la réconciliation n’est pas pour demain en Côte d’Ivoire. Lorsque vous prenez le risque de regarder Tci, la télévision de la haine, vous êtes frappé par une chose : les germes de la division et même de la guerre civile qu’on continue de servir aux populations. Le capitaine Allah Kouakou Léon, ancien sous-préfet militaire de Zouan-Hounien, porte-parole du Premier ministre de Ouattara, ministre de la Défense, on peut le dire, est un génie de la division, de la guerre civile et du génocide. Et ses rendez-vous, pour des communiqués de son ministère, sont une tribune incendiaire où il dresse les ethnies, les communautés les unes contre les autres. Et là, il va vous ressasser jusqu’à votre agonie, des mots comme « les miliciens à la solde de Gbagbo » ; « des mercenaires libériens à la solde de Gbagbo » ; « sur leur chemin, ils ont tué tel nombre de personnes dont un Baoulé… ce dernier a été tué à cause de son ethnie… » ; « dans telle ville, sur indication de X d’ethnie Bété ou de l’Ouest, ils ont assassiné tel nombre d’allogènes Baoulé et Sénoufo, et de Burkinabé » ; « dans telle localité, des mercenaires pro-Gbagbo… » ; «  les caciques du régime Gbagbo… » ; « la page Gbagbo est définitivement tournée… » ; etc. Et la litanie continue, sur une télévision supposée avoir une vocation de réconcilier les Ivoiriens. Chose que, selon les responsables du Rhdp, la Rti n’aurait pas faite et à cause de quoi ils lui avaient reproché d’avoir aggravé la fracture sociale. Le porte-parole de Soro est en train de ruiner l’espoir d’une réconciliation prochaine en Côte d’Ivoire, alors même que le Président Alassane Ouattara venait de créer la Commission Vérité et Réconciliation. La méthode du capitaine Allah Kouakou est bien dangereuse. En disant que telle personne, ressortissante de tel groupe ethnique, a assassiné ou a joué les indicateurs pour l’assassinat de telle personne ou groupe de personnes membres de telle autre ethnie, il exhorte vivement l’ethnie qu’il déclare attaquée à se venger contre l’ethnie qui aurait agressé ou au compte de laquelle l’on aurait tué. Et le cycle de la violence et des vengeances repart de plus belle. Et les dégâts de cette haine distillée tous les jours sur cette télévision, Tci, sont énormes. Plus de mille morts à Duékoué, la seule journée du 29 mars 2011, au début de l’offensive d’Alassane Ouattara contre le régime Gbagbo. Tueries aveugles que les Ong ont mises au compte des hommes de l’actuel chef de l’Etat ivoirien. A Yopougon, c’est un autre massacre d’innocentes populations qu’il y a eu avec les rebelles du même Ouattara. Les ressortissants de l’Ouest, jugés proches de Gbagbo, sont triés et exécutés par les forces républicaines. Mais le capitaine Allah Kouakou, se garde d’en parler. Au contraire, pour chercher à innocenter les rebelles de Ouattara, à partir de la base navale à Yopougon, il a récemment appelé les organisations onusiennes à enquêter sur des exactions et autres charniers dans cette commune. Or, l’on sait que lorsque des rapports accablants commencent à peser sur Alassane, l’Onu qui a placé ce dernier au pouvoir par un coup d’Etat, vole à son secours par une enquête bidon visant à équilibrer les sources des massacres. Ce pour dire clairement que ce sont pas que les actes des pro Ouattara, mais également des pro-Gbagbo. Et comme c’est Gbagbo qui est actuellement devant la justice et non Ouattara, cela aiderait à l’enfoncer. Conscient que les Ivoiriens n’ont pas une autre télévision pour équilibrer l’information, donner un démenti ou présenter au monde les massacres de ses hommes, le capitaine Allah Kouakou ment, fait de la manipulation pendant que des familles entières sont massacrées, des ethnies détruites. Se croyant invincible parce que Ouattara a, pour l’instant, le soutien de la France qui a fait pour lui le coup d’Etat du 11 avril 2011, Allah Kouakou pousse les Ivoiriens à s’entretuer. Ce travail de formation de génocide et d’incitation à la guerre civile qu’il a commencé avec les Kobenan Kouassi Adjoumani, Anne Ouloto, Kakou Guikahué et autres, il l’amplifie malgré les tueries obtenues et la gravité de la fracture sociale. Si des personnalités comme le Président Laurent Gbagbo et ses collaborateurs, qui pour la paix, n’avaient jamais inquiété Alassane Ouattara, le putschiste et père de la rébellion sanglante de 2002 et ses hommes, sont devant la justice, qu’en sera-t-il pour le capitaine Allah Kouakou, responsable de tant de morts ? Les responsables du génocide rwandais continuent d’être jugés, malgré le temps écoulé. Le capitaine Allah Kouakou doit savoir que le jugement dernier se fait ici sur terre, avant d’être entériné au Ciel.

Fousseni Koné IN Le Temps

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Investiture de Ouattara – Le 21 mai menacé

La date du 21 mai 2011, prévue pour l’investiture du Président de la communauté internationale en Côte d’Ivoire, le Dr Alassane Ouattara, est sous le coup d’une menace. En effet, selon des informations en provenance de l’intérieur du pays, des attaques sont annoncées dans les jours à venir, hypothéquant ainsi la grande messe voulue par le camp Ouattara à Yamoussoukro. Déjà des sources bien introduites annoncent la crainte de certains invités de marque, à y effectuer le déplacement, vu l’atmosphère devenue de plus en plus sensible. Des localités comme Sassandra, Gueyo et notamment Soubré, seraient occupées par les Libériens. Ces derniers qui avaient observé un repli stratégique il y a une semaine, ont décidé selon ces mêmes sources, de revenir à la charge. Ainsi, ils se seraient déjà emparés des principales villes côtières et du Sud Ouest du pays, en attendant l’ouverture d’autres fronts. Une information qui jette un froid dans le camp Ouattara s’apprêtant à célébrer sa frauduleuse victoire à la présidentielle. Ainsi même protégés par l’armée française, Ouattara et ses hommes n’ont pas encore la maîtrise de la situation en dépit de ce qui se raconte.

SOURCE: LE Temps

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Absence d’Henri Konan Bédié à la prestation de serment d’Ado- Voici les vraies raisons

Le président du Pdci et ancien chef de l’Etat de Côte d’Ivoire Henri Konan Bédié, a brillé par son absence à la cérémonie officielle de prestation de serment du nouveau Président de la République Alassane Ouattara, le 6 mai 2011. Pour la presse pro-Ouattara, il s’agit d’un contretemps, puisque Henri Konan Bédié célébrait ce jour-là ses 77 ans. En réalité, cette sortie de la presse pro Ouattara n’est qu’un prétexte pour cacher la vérité aux Ivoiriens. Car en réalité, depuis la disparition d’Ib, le torchon brûle entre Henri Konan Bédié et Ado. Le premier reprochant au second sa propension à vite ôter la vie à des personnalités, et le second acceptant difficilement ces reproches, les qualifiant d’ailleurs d’une défiance à son autorité. Aussi, depuis lors, plus rien ne va entre les deux grandes têtes de pont du Rhdp. Conséquence : Henri Konan Bédié s’est retiré dans sa ville natale, Daoukro. C’est de là-bas que N’Zuéba aurait décidé de boycotter la cérémonie de prestation de serment d’Ado. Vu cette absence très remarquée et critiquée au sein du Rhdp, Ouattara a commis un groupe d’émissaires auprès de N’Zuéba pour lui demander d’être présent le 21 mai prochain à Yamoussoukro, quitte à laver le linge sale en famille plus tard. Toutefois, il convient de noter que l’exécution d’Ib a ouvert des plaies au sein du Rhdp qui ne se cicatriseront pas de sitôt malgré la réconciliation nationale annoncée à grande pompe. De plus en plus, l’on évoque le problème du Cema des forces armées de la rébellion, Soumaïla Bakayoko. Ce dernier serait lui aussi en froid avec ses amis d’hier. Des sources l’annoncent même en résidence surveillée. Une thèse beaucoup plus plausible sur son absence aussi à la prestation de serment du 6 mai dernier. Soumaïla Bakayoko est effacé des décisions militaires depuis l’offensive de la rébellion qui a emporté le régime de Laurent Gbagbo.

SOURCE : LE TEMPS

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Côte d’Ivoire : Le Président Gambien charge Ouattara et Blaise Compaoré

Nous n’allons pas refaire l’histoire de la Casamance ancienne qui n’a jamais été colonisée, histoire dont Y.  Jammeh aime s’inspirer. La devise invicta Feliz vient ainsi confirmer le constat « nous ne sommes pas maîtres de la Casamance, nous y sommes tolérés » disait un gouverneur de la Colonie française du Sénégal.

 

Le président gambien a pleine conscience de cette histoire de sa région, comme en témoigne ses discours. C’est un gage de fierté. D’ailleurs les succès militaires de la France contre les Africains du temps colonial – qui ne sont pas légion – sont facilités par la supériorité technique qui a été lâchement utilisée contre Gbagbo.

 

Une bataille a été gagnée, mais le combat continue et le verdict final sera dit quand les putschistes auront installé leur régime client en toute sécurisé. Ce qui semble bien loin de la réalité car la résistance se prépare.

 

D’ailleurs, dans la traduction ci-dessous du discours lu à la Nation Gambienne, le président Jammeh harangue les combattants de la liberté et s’en prend à l’occident et ses régimes clients en Afrique, à l’image de Blaise Compaoré du Burkina Faso et Alassane Ouattara…

 

La position du Gouvernement gambien sur la « tragédie ivoirienne »

 

Les événements en Côte-d’Ivoire nous donnent raison quand nous affirmions préalablement que des occidentaux néo-colonialistes parrainent des agents en Afrique qui ne respectent qu’à leurs propres lois et celles de leurs maîtres occidentaux et prêts à marcher sur des milliers de cadavres pour accéder au pouvoir. C’est ce qui est en train de se passer en Côte-d’Ivoire. Les Africains ne doivent pas seulement se réveiller, mais ils devraient se tenir prêt pour faire face à la nouvelle tentative de recoloniser l’Afrique par de prétendues élections qui sont organisées dans le seul but de tromper les gens étant donné que le vrai choix du peuple ne sera jamais respecté s’il n’est pas à la faveur des candidats suppôts de l’occident comme cela s’est produit en Côte d’ Ivoire et ailleurs en Afrique.

 

Ce qui fait craindre des malheurs et dangers de la menace néocolonialiste, c’est le fait qu’il soit prêt à recourir à la force brutale, ou de perpétrer des massacres de manière à neutraliser toute forme de résistance contre leurs candidats comme cela s’est encore produit en Côte d’Ivoire.

 

En Côte-d’Ivoire, nous savons le rôle joué par l’ancienne puissance coloniale qui, en dehors du mandat de l’ONU, a d’abord bombardé le palais présidentiel pendant des jours qu’il a finalement pris d’assaut par un tunnel qui relie le palais à l’une des résidences de leur représentant diplomatique.

 

Les raisons avancées pour justifier ce bombardement du Palais présidentiel avant le raid final étaient qu’ils voulaient empêcher Gbagbo d’utiliser des armes lourdes contre des civils! Et pourtant, l’ONU et la France étaient au courant des effrénés massacres de civils, quand des villages entiers qui ont soutenu le président Laurent Gbagbo ont été anéanties par les prétendues forces républicaines qui combattent pour Ouattara. Les partisans de Gbagbo n’étaient-ils pas censés être protégés par l’ONU et les forces françaises contre les massacres?

 

Ces soi-disant forces républicaines qui étaient supposés se battre pour la démocratie, avaient fini par tuer des milliers de personnes en toute impunité et sont maintenant engagés dans le pillage massif!

 

Notre position est très claire. Ce que vit Laurent Gbagbo est une réplique de l’affaire Patrice Lumumba qui, comme un combattant de la liberté et pour la dignité et l’indépendance, non seulement des Congolais mais toute la race noire, a été renversé par les puissances occidentales dont l’ONU, et remis à son ennemi juré pour être assassiné.

 

L’histoire se répète, les mêmes forces néocoloniales qui avaient renversé Patrice Lumumba, qui l’avaient mis en captivité et le livrèrentà ses ennemis il y a maintenant plus de cinquante ans; sont les mêmes forces impliquées en Côte d’Ivoire avec la seule différence que ce n’est plus le même pays colonisateur. Si justice doit être faite, il devrait y avoir une enquête impartiale et approfondie sur toutes les atrocités perpétrées en Côte-d’Ivoire par des gens honnêtes qui craignent Dieu. Alassane Ouattara et ses forces rebelles ne peuvent pas rester impunis et faire porter le blâme sur le président Laurent Gbagbo qui, selon la Constitution ivoirienne est le président légitime de la Côte-d’Ivoire. Cette équipe devrait être choisie par le Mouvement des pays non alignés.

 

On est tenté de poser cette question:

 

Comment est-il possible que le verdict du Conseil constitutionnel quia récemment décidé qui a remporté les élections dans certains pays d’Afrique francophone a été accepté [c’est avant les élections en Côte-d’Ivoire], mais celui du Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire aété rejeté par les puissances occidentales et l’ONU?

 

En ce qui nous concerne, la seule solution pour éviter en Côte-d’Ivoire une longue et haletante guerre civile avec toutes les conséquences qui en découlent est de réorganiser des élections présidentielles dans les plus brefs délais. En attendant, un gouvernement intérimaire d’unité nationale devrait être formé sans Alassane Ouattara; comme il a aussi beaucoup à répondre devant la justice. Une chose est très claire aujourd’hui pour tous les Africains – le complot visant à recoloniser l’Afrique est bien réel et nous devons le combattre.

 

C’est une honte que les régimes les plus maléfiques, les plus dictatoriaux et les plus répressifs sur terre osent traiter les dirigeants africains de dictateurs. Comme il est assez choquant et intéressant à la fois de voir que les mêmes pouvoirs ne disent rien sur le soulèvement populaire qui fait rage au Burkina Faso depuis les trois dernières semaines, entraînant l’assaut du palais présidentiel à Ouagadougou la nuit dernière, avec un Blaise Compaoré dont on ne sait plus où il se trouve. Ce soulèvement est là il y a plus de trois semaines maintenant et pas un seul média international ne parle de ce qui se passe au Burkina Faso. Comment comprendre qu’une telle insurrection qui a lieu dans un pays comme le Burkina Faso, si près de la Côte d’Ivoire, où un couvre-feu est imposé du crépuscule à l’aube pendant plus deux semaines, sans que les médias occidentaux y compris ceux de l’ancienne puissance coloniale n’en sachent rien?

 

Nous, de la nouvelle génération d’Africains, ne pouvons et ne devons pas accepter d’être dupés. Nous savons ce que Blaise Compaoré représente dans les relations entre l’Afrique et l’Occident.

 

Le capitaine Thomas Sankara a été assassiné pour avoir dit non à l’impérialisme et au néo-colonialisme au Burkina Faso en particulier et en Afrique francophone en général. Il a été tué pour les mêmes raisons que Patrice Lumumba comme d’autres de la liberté en Afrique qui sont morts en défendant cette noble cause, leurs assassins sont finalement devenus présidents dans les pays africains et ont exclusivement mis en place des régimes clients qui défendent les intérêts occidentaux en Afrique.

 

Blaise Compaoré, est l’un d’entre eux. Il a beaucoup à répondre pour les différentes guerres civiles qui ont ravagé depuis et maintenant le Libéria, la Sierra Leone et la Côte-d’Ivoire.

 

Qu’il y ait un tel black-out médiatique sur la révolution des Burkinabés, mais une actualisation minutes par minutes des événements au Yémen, en Syrie, en Côte d’Ivoire etc… montre bien que les soi-disant médias internationaux sont les trompettes sataniques de certaines puissances qui réservent un sinistre destin au reste du monde hors de l’Occident.

 

Pourquoi l’occident ne peut-il pas respecter l’indépendance et la dignité de l’Afrique ?

 

En conclusion, nous demandons à l’ONU d’assurer la sécurité, la protection et le bien-être du président Laurent Gbagbo, le président de la Côte d’Ivoire constitutionnellement reconnu et qui doit être libéré. Il ne peut pas être jugé tandis qu’Alassane Ouattara, le président de la communauté internationale s’en tire sans jugement après avoir massacré des milliers de civils juste pour devenir président!

 

Le Gouvernement de la Gambie ne reconnaîtrait pour aucune raison un président ou un gouvernement en Afrique qui a été imposé par des forces extérieures au continent africain. Nous savons ce que ces gouvernements et ces présidents représentent pour l’Afrique. Ils pillent les ressources africaines pour le compte des forces qui les ont amenés au pouvoir.

 

Qu’Allah notre guide TOUT-PUISSANT, garde et protège les Africains en nous donnant le courage de nous lever pour la défense de l’indépendance africaine, la dignité et la protection de nos ressources naturelles contre ces criquets affamés qui sont sur le point de saccager notre continent. Le chemin de la libération totale peut être difficile, mais la victoire est proche, Inch’ Allah.

SOURCE : Lynx


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Côte d’Ivoire, où le silence fait loi

Le journaliste François Leclerc évoque la loi du silence et l’impunité qui entourent la situation en Côte d’Ivoire au lendemain de la capture de Laurent Gbagbo et ses proches – sur SlateAfrique :

Les jours passent et dévoilent un peu plus la portée des mensonges d’Etat en Côte d’Ivoire. L’interview ici sur SlateAfrique de Choi Young-jin, l’envoyé spécial de l’ONU en Côte d’Ivoire dit beaucoup de l’incroyable morgue, de l’incommensurable mépris que porte ce haut fonctionnaire à une partie du peuple ivoirien. Je passe sur ses difficultés à jouer au golf alors que les gens tombaient sous les balles et que le pays s’enfonçait dans la tourmente… Invraisemblable.

On ne compte pas les faussetés recensées dans ses propos, lui qui annonçait 70% de votants le lundi 29 novembre 2010, au lendemain du second tour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire, et 81% fièrement aujourd’hui. Comment peut-il évoquer environ 300 morts à Duékoué alors que le comité international de la Croix rouge (CICR) a comptabilisé plus de 800 corps? Comment peut-il évoquer les soutiens de Gbagbo avec autant de haine? Faut-il lui rappeler que la plupart de ceux qui ont voté pour le vieux combattant de la démocratie sont issus de la classe moyenne, qu’ils sont notamment étudiants, professeurs, fonctionnaires; ce tissu social aujourd’hui détruit ou brisé par des tueurs à amulettes dans les rues d’Abidjan? Faut-il lui rappeler le texte qu’il avait écrit trois jours avant les élections confirmant la suprématie du Conseil constitutionnel sur tout organe extérieur?

Il ne peut donc évoquer des tricheries identiques au Nord et à l’Ouest alors qu’aucune requête n’a été formulée contre la majorité présidentielle. Choi piétine les lois qu’il assurait respecter la veille du scrutin… Bizarre, bizarre. Nous avons aussi découvert dans son exposé l’existence de bureaux-tests en Côte d’Ivoire. Est-ce possible, dans un pays qui n’a jamais connu de vraies élections présidentielles et qui n’a donc aucune antériorité dans l’analyse de résultats?

La loi du silence

J’aurais aimé qu’il réponde aux accusations du Canard Enchaîné sur le soutien de l’ONU au trafic de diamants par les proches de Ouattara dans les années 2009-2010. Ce sujet majeur est au cœur de la manipulation. Je vous conseille le reportage d’Arte sur la prise de Laurent Gbagbo par les soudards de Ouattara: un parfait résumé pour comprendre les forces en présence. Au milieu de ce désastre orchestré, un homme: Jean-Marc Simon, ambassadeur de France. «Gbagbo n’existe plus», vomit-il, posture de coq dans la basse-cour. Son attitude est insultante, ignorante de tous ces gens qui ont voté pour son ennemi revendiqué. Il se rêve en gouverneur au royaume des Eléphants; il n’est qu’un pantin triste qui a tué la démocratie dans ce pays grâce à l’armée française dont certains gradés s’avouent écœurés, en privé, de travailler à côté de chiens de guerre incultes.

Certaines organisations humanitaires —Médecins sans frontières, toujours droit dans ses bottes, Amnesty International ou le Comité International de la Croix-Rouge— ont heureusement brisé la loi du silence généralisé. Reporters sans frontières s’est aussi indigné des atteintes à la liberté de la presse.

Une presse ivoirienne moribonde

Rappelons-nous l’époque récente où l’opposition sortait six ou sept quotidiens, ou les pro-Ouattara s’exprimaient sans vergogne. Le paysage est maintenant dévasté. Les journaux pro-Gbagbo n’existent plus, des imprimeries ont été brûlées, et ça ne pose aucun problème aux médias français. La Télévision Côte d’Ivoire (TCI) reproduit les mêmes reportages que la Radio Télévision Ivoirienne (RTI) mais à l’inverse, et la France et l’ONU applaudissent ce qu’elles honnissaient la veille.

Affi N’Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI), ose critiquer ce système dictatorial? On lui coupe la parole et on l’interne! Ce jour-là, le reporter de RFI présent sur les lieux au moment de la déclaration est rudoyé par les autorités et son matériel et son portable saisis. La réaction de ses boss parisiens? Un silence courtois. Tous les employés aimeraient être défendus avec autant d’amour par leurs patrons…

La démocratie par les armes

Quid des autres membres du gouvernement, proches du FPI (Front populaire ivoirien), embastillés dans un hôtel? On leur retire leurs cellulaires. Interdiction de communiquer avec l’extérieur. Où sont les Blé Goudé (ex-ministre de la Jeunesse), les Don Mello (porte-parole du gouvernement Gbagbo)? Pourquoi frapper Michel Gbagbo? Personne ne le sait. Magnifique démocratie par les armes. Recherchez les images de Dakoury-Tabley, ancien directeur de la Banque Centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (Bécéao), en caleçon aux mains de voyous dans la résidence présidentielle, ou encore celles de Jean-Jacques Béchio, politicien éminent, le visage déformé et sanguinolent après avoir reçu un coup de pied alors qu’il venait se rendre…

A une époque récente, la France était intervenue contre le gouvernement précédent pour empêcher l’utilisation d’armes lourdes à Abobo (quartier nord d’Abidjan), nous avait-on affirmé. Les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) utilisent les armes lourdes à Yopougon mais le silence règne en maître. Chut, on tue des « miliciens». Y-aurait-il un bon et un mauvais sang ivoirien?

Si les exactions sont mois nombreuses ces derniers temps, comment arriver à renvoyer les dépenaillés de Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien —sorte de Mad Max sans le moindre soupçon de professionnalisme, capable d’abattre de sang froid Désiré Tagro, ancien ministre de la République, de se servir de boucliers humains pris au hasard dans la rue ou d’abattre I.B. pour l’empêcher de parler? Ils sèment la terreur, ont pillé toutes les administrations, les villas cossues. C’est d’ailleurs au passage la preuve que le vote dans le Nord était un vol manifeste; qui aurait osé exprimer un avis contraire à ces hommes ivres de violence et d’alcool?

On ne parlera même pas ici des meurtres perpétrés un temps sur les ethnies qui seraient proches de Laurent Gbagbo… On a créé des monstres; comment s’en débarrasser? Les principaux généraux de Gbagbo ont fait allégeance —par nécessité ou par choix— mais leurs troupes ne veulent pas spécialement travailler à côté de leurs fossoyeurs. Il est encore trop tôt.

Réconciliation: quelle légitimité?

L’administration est en panne, en dépit des appels à la reprise du travail. Et l’armée française s’est vue contrainte de sécuriser des banques le jour de la paie pour éviter de voir ses alliés piquer dans les caisses… Quelle marge de manœuvre possède Alassane Ouattara, ce président imposé par la France? Ses appels au calme, à la paix sont nécessaires, mais pas suffisants. Il sera jugé sur des actes, pas sur des paroles. L’enfermement de Gbagbo est une erreur stratégique à l’heure de la réconciliation: son ennemi est devenu son allié le plus puissant, le plus sûr. Peut-être le seul.

Le choix de Charles Konan Banny, membre du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) anti-Gbagbo, comme président d’une Commission vérité et réconciliation participe de ces décisions iniques: on ne prend pas un homme aussi marqué politiquement pour apaiser les tensions. En Afrique du Sud, Desmond Tutu avait une immense légitimité en prenant la tête de cette même commission, dont les travaux ont duré trois ans. Il faut d’ailleurs absolument lire le texte de Thabo Mbeki, l’ancien président de la «nation arc-en-ciel». Il a travaillé sur la crise pendant des années, en connaît les ressorts et les hommes.

Je n’ai pas évoqué Nicolas Sarkozy, le président français, celui qui a amené et orchestré le chaos. Sa femme laissait échapper des larmes sur la mort de Français dans un attentat à Marrakech. Sait-elle seulement que des centaines de patriotes ivoiriens sont tombés sous le feu de leurs soldats? Cela vaut peut-être aussi quelques larmes…

François Leclerc sur SlateAfrique

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