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Quand l’Occident a faim, l’Afrique doit mourir

La mise en abîme d’un concept, signifie que l’on en parle, que l’on en discute. Il s’agit de simples réflexions personnelles sur l’Afrique et son devenir. Et non d’un intérêt particulier pour tel ou tel pays. Les françafricains inféodent des réseaux Africains. ils proposent des idées intéressantes, des révolutions épatantes, qui selon eux sortiront les nations des tréfonds abyssales où elles se trouvent. Le malheur réside dans le faite qu’il y a des enfants du continent Noir qui suivent leur logique, poussés qu’ils sont par la misère et le désespoir. Ces réseaux mafieux qu’il ne faudrait en aucun cas confondre avec la France et son peuple, arment les Africains. Aussi bien les dirigeants que ceux qui s’opposent aux régimes en place. Ils s’enrichissent et gagnent quelque soit le vainqueur de ces guerres fratricides. Il conviendrait de dire que la manière avec laquelle ils opèrent, les propos qu’ils tiennent ne sauraient laisser indifférent tout homme normalement constitué. Oui, tout homme. D’où qu’il vienne. Quelle que soit sa religion. N’est-ce point normal d’améliorer sa situation ? N’est-ce pas humain que d’aspirer à un avenir meilleur pour ses enfants ? Il ne s’agit point ici de condamner ceux-là mais d’interpeller les générations futures sur ces manigances extrêmement dangereuses pour l’épanouissement des peuples. Il ne saurait y avoir de développement sans paix et cela est vérifiable aussi bien ailleurs qu’en Afrique.

Il conviendrait de savoir que les guerres en Afrique ne naissent pas sur le continent, mais en Occident. Tout y est souvent préparé de longues années auparavant. Le choix de l’homme en mettre en place -et voire ceux qui pourraient le remplacer en cas de défaillance du poulain – les moyens obscurs pour y arriver- et surtout les stratégies pour en sortir gagnant. Ainsi, certaines organisations caritatives sont informées en amont de se tenir prêtes à intervenir dans telle ou telle région alors que pour les populations de ces pays, il n’y a rien à signaler à l’horizon. Bien sûr que la responsabilité des dirigeants africains n’est point à négliger ! Il conviendrait pour eux de moins tendre le flanc à la critique, de procéder à une meilleure répartition des richesses malgré le peu de moyens que le colonisateur leurs a laissé ! Entre le CFA et les passe-droits de certains pays Occidentaux sur les matières premières afin de s’assurer qu’ils ne viendront pas les déstabiliser, force est de reconnaître que peu d’argent reste en Afrique pour le développement des pays.

Certains disent ne pas me comprendre. Mon combat ne se situe pas au niveau des hommes, mais des idées. Il ne se situe pas au niveau des pays mais à l’échelle du continent. J’estime à tort peut-être – j’espère à raison,- que tant que ces mafieux françafricains agiront sur le continent noir, il n’y aura nullement de développement de l’Afrique car contraire à leur ambition. J’estime à raison que tant qu’ils seront actifs, le mot paix demeurera une utopie, car ils faudraient bien que ces hommes vendent leurs armes. Ils interdisent les armes chez eux, mais les distribuent à profusion en Afrique !

J’entends souvent ces incitateurs aux crimes crier au génocide ! Mes chairs se crispent lorsqu’ils dénoncent des crimes contre l’humanité ! Mes os craquent, oui craquent comme des feuilles séchées lorsqu’ils doigtent X ou Y en le traitant de dictateur, de despote par eux mis en place ! Mon sang se fige dans mes veines lorsqu’ils disent que l’Afrique doit aller vers la démocratie. Et ils le clament à cors et à cris ! J’ai envie de m’esclaffer face à autant de malhonnêteté, face à tant de cynisme ! J’ai envie de pleurer quand certains africains leurs accordent des rognures d’ongles d’attention. Oui, une grande tristesse m’épouse toute, je n’ai plus de mots, oui les mots me manquent… Mais je n’en veux à personne, car il m’a fallu des années, oh oui, des années pour comprendre leurs plans machiavéliques.

Ce faux processus démocratique à l’occidental va aller à s’accentuant car l’Europe à faim. Les crises économiques successives menacent son équilibre, et ils le recherchent ailleurs, en s’octroyant des richesses d’autres peuples. Quand l’Occident vit dans l’opulence, l’Afrique doit avoir faim; quand l’occident a faim, l’Afrique doit mourir

Calixthe Beyala

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La France a-t-elle commis des crimes de guerre en Côte d’ivoire?

On dit d’un crime de guerre toute action militaire qui aurait pour objectif la destruction matérielle ou humaine.

Pourtant, selon Ernest Hemingway : «qu’elle soit nécessaire, ou même justifiée, ne croyez jamais que la guerre n’est pas un crime».

Au-delà de cette appréciation essentiellement philosophique et morale, y a-t-il eu de façon légale crime de guerre en Côte d’ivoire de la part de la France?

La notion de crime de guerre a été établie pour éviter lors d’affrontements militaires les excès qui entraînent la barbarie. Par excès de barbarie on cite les actes de cruauté, les actes qui montrent des gestes d’inhumanité, les actes d’atrocité ou de brutalité qui illustrent des formes de sadisme.

Les images prises lors des attaques des troupes françaises de la licorne et celle de la rébellion de Guillaume Soro et d’Alassane Ouattara montrent à suffisance des formes avérées de barbarie. Il y a eu assassinats de personnes civiles sans défense et des militaires désarmées sous forme d’exécutions sommaires par des armes ou par la torture.

D’après les accords internationaux, notamment le Statut de Rome (les 59 alinéas de l’article 8[1]), qui régissent les compétences de la Cour pénale internationale (CPI) et ceux des Conventions de Genève qui imposent des contours d’humanismes dans les conflits armés, on a généralement établi comme crime de guerre, les cas où une des parties en conflit s’en prend volontairement à un objectif non-militaire à savoir, les civils, les prisonniers de guerres et les blessés ou des tueries qui s’apparentent à des punitions données collectivement à des individus.

Pour cela, il faut comprendre par objectifs non militaires les personnes ou les structures qui ne sont pas impliquées à l’effort soutenu de la guerre. Ainsi, tout bien qui par sa nature, son emplacement, sa destination ou son utilisation apporte une contribution effective à l’action militaire effective et offre un avantage militaire précis peut être considéré un objectif militaire.

Subséquemment, si une station de radio sert à diffuser de l’information pour le ralliement des militaires elle peut être considérée un objectif militaire. Tout comme une caserne ou un camp militaire dans lequel sont logés des militaires prenant part de façon effective au conflit armé.

De ces deux exemples, on pourrait dire que la télévision ivoirienne et les camps militaires des forces de sécurité ivoiriennes sont des cibles militaires légitimes selon l’état-major de l’armée française en Côte d’ivoire. Les ondes de la télévision en servant à mobiliser les troupes pour aller au combat participaient à l’effort effectif de la guerre; également, les casernes étant un lieu de rassemblement des militaires prenant part à la guerre participaient à l’effort de guerre.

Mais voilà, que ça soit la télévision ivoirienne ou les casernes militaires, plusieurs civils qui n’ont pas pour fonction ou occupation la guerre, particulièrement les enfants et les femmes des militaires qui étaient dans les casernes ou les journalistes qui faisaient leur travail dans la station de télévision, ont été considérés des cibles militaires.

Pour contrer l’adversaire, l’armée française dans son absolue volonté d’arracher le pouvoir à Gbagbo a cherché de façon absolue à détruire ces cibles et à causer la destruction des biens non militaires et provoquer la mort de nombreux civils. L’armée française trouve réconfort de considérer ces destructions et ses morts comme des dommages collatéraux.

En reprenant à notre compte les reproches faits par Amnistie internationale à l’armée israélienne sur ses bombardements au Lyban qui ont causé la pertes de nombreux civils, on a de bonnes raisons de penser, que, loin d’être des «dommages collatéraux» c’est-à-dire des dommages aux civils et aux biens de caractère civil causés incidemment par des attaques contre des objectifs militaires, la destruction de la télévision ivoirienne, des casernes, des bombardements des lieux civils tels que des habitations étaient délibérés et faisaient partie intégrante de la stratégie militaire de conquête du territoire et de la recherche de domination militaire et politique.

L’armée française explique qu’elle n’a pas visé des civils mais des combattants, donc des cibles militaires et que les dommages causés aux civils et aux infrastructures non militaires n’étaient pas souhaités. Pourtant, nous savons que si dans la stratégie d’attaque militaire, il est établi que deux édifices d’un quartier résidentiel abritent des combattants, le bombardement de tout le quartier est interdit car injustifié légalement.

Par ailleurs, même si les attaques ne visent que deux bâtiments occupés par des militaires et qu’ils causent des morts importants des personnes non ciblées par les attaques, ces attaques sont disproportionnées, donc également prohibées. Ce sont celles dans lesquelles les «dommages collatéraux» sont considérés excessifs par rapport à l’avantage militaire direct qui est attendu.

Les bombardements de la présidence dans laquelle l’armée française savait se trouver des milliers des civils désarmés étaient des attaques militaires indiscriminés qui recherchaient pour l’essentiel la mort ceux qui s’y trouvaient sans égard à leur statut: militaire ou non, armé ou non armé.

« Si affaiblir la volonté de lutte pacifique d’une partie de la population civile était considérée un objectif», les attaques de la licorne avaient pour but de donner la mort à tous ceux soutenaient Laurent Gbagbo. Comme ’il y avait parmi ces soutiens des personnes civiles non armées et qu’il convenait de les éliminer pour ôter tout résistance pour éliminer Laurent Gbagbo du pouvoir, ces attaques sont des exécutions sommaires, des crimes de guerre.

En 1945, le procès de Nuremberg, chargé après la Seconde Guerre mondiale de juger les criminels et organisations nazis, définissait le crime de guerre dans la Charte de Londres comme suit :

« Assassinat, mauvais traitements ou déportation pour des travaux forcés, ou pour tout autre but, des populations civiles dans les territoires occupés, assassinat ou mauvais traitements des prisonniers de guerre ou des personnes en mer, exécution des otages, pillages de biens publics ou privés, destruction sans motif des villes et des villages, ou dévastation que ne justifient pas les exigences militaires. »

Cette définition permet de répondre par l’affirmatif à notre question de départ. Bien qu’elle soit de portée générale, cette définition circonscrit le cadre à l’intérieur duquel la responsabilité directe et indirecte de l’armée française peut être engagée dans les massacres intervenus en Côte d’Ivoire avant, pendant et après les activités qui ont amené au kidnapping de Laurent Gbagbo.

Joël Mbiamany-N’tchoreret

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La Côte d’Ivoire paiera la note de la destruction de la Côte d’Ivoire par la France

La Côte d’Ivoire paiera la note de la destruction de la Côte d’Ivoire par la France (effort de guerre) et de la reconstruction du pays. La France est donc triplement gagnante puisqu’elle conserve aussi la main mise sur les matières premières du pays. On peut aussi ajouter le fait que la France a eu l’opportunité en live de tester ses dernières armes et stratégies de guerre. Quelle aubaine que d’avoir en des nègres de Côte d’Ivoire des cobayes gratuits qui ne comptent pas. A ne pas négliger: La France a eu l’opportunité de faire trembler tous ceux des Chefs d’Etats de son pré carré qui rêvaient de souveraineté. Comme quoi la guerre est un investissement rentable pour les vendeurs d’armes et les gendarmes du monde

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Où en est la France en Afrique?

Débat sur l’Afrique. Où en est la France en Afrique? Si ce n’est plus la Françafrique, alors que peut-on dire de la situation créée en « Côte d’Ivoire »? Comment expliquer l’attitude de la France face aux révolutions en Afrique du Nord?

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Après avoir installé le chaos en Côte d’Ivoire, La France recolonise le pays

C’est clair. La France a créé le chaos en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, elle procède à sa recolonisation. Le Plateau, le Manhattan ivoirien, cité des affaires, n’est plus que l’ombre de lui-même. Vitrine de la Côte d’Ivoire, cette commune est plongée dans un désordre total duquel il lui sera difficile de se relever. Tout a été pillé par les hommes que la France y a déversés. Cette cité est aujourd’hui à l’image de Bouaké, Korhogo, Man… Des villes pillées, ruinées par la rébellion. Aucun magasin ni supermarché n’est épargné, encore moins les bureaux de l’administration. Tout a été emporté par les pillards que le camp Ouattara qualifie d’anonymes. Alors que c’est le fait de ses combattants qui nous ont habitués à de telles scènes. « C’est incroyable ! Ça, ça ne peut pas être le fait de jeunes ivoiriens. Ils aiment tellement leur pays qu’ils ne peuvent pas agir ainsi. C’est le fait de gens venus d’ailleurs, qui font en sorte que la Côte d’Ivoire plonge… », Accuse un jeune cadre du Trésor, en colère, dont le bureau n’est pas épargné tout comme le parlement. Si les pilleurs étaient des partisans du Président Laurent Gbagbo, pourquoi s’en prendraient-ils à l’Assemblée nationale majoritairement aux mains de Lmp ? A la vérité, la France vient de réaliser son rêve : mettre la Côte d’Ivoire à genou. Le pays s’est retourné à l’Etat sauvage. Plus aucune structure, police, – aucune gendarmerie et autres services-, de l’Etat ne fonctionne. Ce sont les combattants à la gâchette facile que la France y a déversés, qui font la loi. Gare à celui qui les défie. Il prendra une décharge de plomb qui le fera taire à jamais. « Ils ont exécuté un voisin du quartier qui a refusé de leur remettre sa voiture. A qui le tour demain ?», a expliqué un habitant d’Angré, la peur au ventre. Et conscient de cela, Alassane a renforcé la démarche colonisatrice de la France, en lui confiant, (à la Licorne et à l’Onuci) officiellement, la sécurité du Port autonome d’Abidjan et de points stratégiques comme l’Aéroport. Un port que Paris guettait depuis longtemps comme outil de recolonisation. Aberration que l’on n’a pas encore constatée dans des pays comme le Bénin et le Togo. En Côte d’Ivoire, la France se comporte en territoire conquis, comme à la « belle » époque coloniale. C’est elle qui fait désormais la loi en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi la Licorne peut se permettre d’aller combattre à Yopougon, avec chars et autres armes lourdes, à la place de la rébellion. Leur prétexte, désarmer les résistants pro-Gbagbo. Alors qu’au même moment, les soldats français tolèrent les atrocités commises par les bandes armées venues du Nord. « La France est venue bombarder des civiles ici à Yopougon. Nous ne savons à qui nous plaindre. C’est difficile. C’est comme si nous ne sommes plus des hommes », confie un habitant du sous quartier Koweït, théâtre des bombardements de l’armée française. Aujourd’hui, le peuple ivoirien élève la voix et confie son sort au Ciel. Puisque la France, dans sa volonté colonisatrice, s’adonne à tout, même au pire des exactions, comme au temps jadis.

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Après son putsch pour établir Ouattara au pouvoir La France a installé un climat de terreur en Côte d’Ivoire.

A Abidjan, tout comme dans les villes de l’intérieur où la France a déversé des bandes armées, les exactions se multiplient contre les populations civiles pro-Gbagbo. En tout cas, c’est un crime qui vous vaut directement la pendaison, comme au temps de la guillotine. K.B., un jeune de l’intérieur n’en revient pas. Il est traumatisé peut-être à vie pour avoir assisté, il y a une semaine, en directe à l’assassinat de son frère. Qu’est-ce que les rebelles lui reprochaient ?  Lisez plutôt : « Mon  frère en avait marre d’être enfermé dans la maison. Un matin, il est sorti avec un teeshirt à l’effigie du Président Gbagbo. Parce que pour lui, Alassane ayant pris le pouvoir, il n’y avait plus de problème. Chacun pouvait afficher son opinion. On l’en a dissuadé, mais il est resté ferme. Dès qu’il est sorti de la maison, il a été cueilli par des rebelles qui l’ont traîné chez lui, pour l’assassiner à bout portant devant même ses enfants », relate-t-il. C’est un cas parmi tant d’autres. Mme N. B. est quasiment dans le même cas. Fidèle à son église, elle a vécu l’horreur, l’inhumanité des hommes que la France protège en Côte d’Ivoire : « J’étais à un carrefour, non loin de chez nous. C’est là que j’ai été abordée par des rebelles qui ont tenté même de me draguer. J’ai eu le malheur de leur montrer mon mari et mon domicile. Et c’est cela qui a coûté la vie à mon mari. Le lendemain, ils sont revenus l’assassiner devant moi. Et j’ai reconnu ceux qui m’avaient draguée », explique la dame.  La peur au ventre, Mme N. B. est aujourd’hui recluse, par la volonté des hommes que la France protège en Côte d’Ivoire. Et souvent même, elle vit, enfermée, par peur. En un temps record, tout s’est écroulé autour d’elle. Et elle ne fait que couler des armes. Et comme elle, plusieurs milliers d’Ivoiriens vivent enfermés chez eux. Car les hommes à Alassane font la chasse à tous ceux qui se réclament de Gbagbo.  Ils mènent en plus un combat à fort relent ethnique, avec une épuration à visage découvert. N’Cho A., jeune étudiant relate le calvaire qu’il a vécu à Adjamé : « J’étais dans un gbaka et nous sommes arrivés à un poste de contrôle tenu par des rebelles. Après avoir contrôlé les pièces, ils m’ont demandé de descendre. Et il y avait sept autres personnes avec moi. Ils nous ont dit : c’est vous qui supportez Gbagbo, vous allez voir. Nous avons été mis à nu. On nous a fait subir toutes les humiliations. Nous avons été sauvés par une détonation d’arme lourde dans les environs.  Ils nous ont abandonnés là en courant dans tous les sens. On ne peut pas dire qu’ils fuyaient, mais ça avait tout l’air. » Aujourd’hui N’Cho en parle avec amertume. Il reconnait que la Côte d’Ivoire qui était bien partie malgré ses quelques problèmes, a fait un pas de plus 50 an en arrière. « On est retourné à l’Etat sauvage », déplore-t-il, le menton entre les mains.

SOURCE : telediaspora

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RECOLONISATION

Objectivité et indépendance des médias dans la crise en Côte d’Ivoire

Selon le dernier classement mondial de la liberté de la presse, la France a encore régressé et se place désormais au 44e rang derrière bon nombre de jeunes républiques africaines (Mali, Cap vert, Ghana, Tanzanie, Afrique du Sud, etc). Une telle régression amène à s’interroger sur l’objectivité de l’information diffusée lorsqu’il s’agit de l’actualité des pays africains. L’uniformisation de l’information concernant la crise ivoirienne, constatée dans la quasi-totalité de la presse française et journaux télévisés, amène à soulever la question d’un risque de formatage de l’opinion publique.

La Françafrique décomplexée en Côte d’Ivoire

Les crises en Afrique se suivent et se ressemblent. La crise politico-militaire sans précédent qui secoue la Côte d’Ivoire depuis Septembre 2002, et qui a détruit son image de paix et de stabilité, en témoigne. Pays phare du pré carré français, la Côte d’Ivoire a toujours entretenu des relations privilégiées avec son ancienne métropole. Premier partenaire commercial de la France sur l’ensemble de la zone de l’union économique monétaire ouest africaine (UEMOA), c’est d’abord par l’imposition du franc CFA (franc des Colonies Françaises d’Afrique), propriété de l’Etat français, outil d’un système de pillage depuis 1945, que ce pays subventionne les comptes financiers français. Ainsi, les banques installées en Côte d’Ivoire sont des filiales des banques françaises (BNP, Société Générale, etc). De plus, un bon nombre des lieux stratégiques sont des propriétés de la France : un exemple, depuis l’indépendance, le Palais de la Présidence de la République est toujours une propriété de la France qui en perçoit le loyer ! Encore, sous prétexte d’accord de défense, la France maintient ses bases militaires qui servent en réalité à maintenir les dictateurs en place et à déstabiliser les pays cherchant à s’affranchir de la tutelle néo-coloniale (Biafra/Nigéria, Guinée, etc).

Dans un tel contexte historique de dépendance de la France à l’égard de la Côte d’Ivoire, la question se pose de l’objectivité et de l’indépendance des médias français, détenus par de grands groupes politico-financiers qui ont eux-mêmes leurs intérêts dans le pays.

Une crise ivoirienne de longue date

Durant le règne d’Houphouët-Boigny jusqu’à sa mort en 1993, suivie de la présidence de Henri Konan Bédié en 1995, qui trouva sa fin au coup d’Etat du Gal Robert Gueï le 23 Décembre 1999, la Françafrique

Faisait plus que prospérer en Côte d’Ivoire. Mais l’élection de janvier 2000 a porté au pouvoir l’éternel opposant au monopartisme d’Houphouët-Boigny, Laurent Gbagbo, qui ne rentre pas dans le cadre habituel des présidents soutenus par l’Elysée. A ces mêmes élections, Alassane Dramane Ouattara fut interdit de se présenter à cause de la loi d’ivoirité que lui-même avait paradoxalement avalisée en tant que membre du PDCI, en 1994, sous la présidence de H.K.Bédié. On rappellera que Laurent Gbagbo, alors député, vota contre ce projet de loi.

Le 19 Septembre 2002 naissait la rébellion au Nord du pays, organisée par Ouattara. Dès lors la France envoya la Force Licorne qu’elle fit déployer à travers le pays, bien qu’elle fût très mal acceptée, notamment par la population du Sud. En Janvier 2003, la France convoqua à Marcoussis, une simple bourgade française, une table ronde réunissant les partis politiques présents à l’Assemblée Nationale et les mouvements rebelles, mais sans qu’aucune institution ivoirienne n’y soit conviée, ni les forces de défense et de sécurité, ni le président de la République de Côte d’Ivoire. Les accords furent alors signés entre privés qui n’assumaient aucune responsabilité dans la gestion de l’Etat ivoirien. Ces accords tendaient à constituer un gouvernement de réconciliation nationale en imposant à Laurent Gbagbo l’introduction dans son gouvernement des ministres issus du camp rebelle. Par ailleurs, les accords prévoyaient le désarmement des troupes rebelles. Pourtant, jusqu’aux élections de Novembre 2010, le désarmement n’était toujours pas accompli, et ce malgré la présence des Nations Unies qui devaient y veiller. C’est dans ce contexte que le processus des élections présidentielles fut lancé. La SAGEM, entreprise française controversée, était en charge du recensement des électeurs. Et avec une surestimation par la SAGEM de plusieurs centaines de milliers d’électeurs, à l’issue du deuxième tour le 28 novembre 2010, deux hommes que tout oppose ont été déclarés élus : Alassane Dramane Ouattara proclamé président par France 24 à l’Hôtel du Golf, épaulé par les ambassadeurs de France et des Etats-Unis, sur le comptage provisoire de la Commission Electorale Indépendante ; Laurent Gbagbo, déclaré président après comptage des scrutins par le Conseil Constitutionnel Ivoirien.

Face à ce résultat pour le moins ambigu, les médias français restent pourtant unanimes : sans tenir compte de l’avis du Conseil Constitutionnel Ivoirien c’est, selon leur message, uniquement à la « communauté internationale » que revient la légitimité de proclamer les résultats des élections présidentielles dans ce pays souverain.

Deux hommes que tout oppose

Arrivé en Côte d’Ivoire en 1990 pour faire appliquer les mesures d’ajustement structurel imposées au pays par le FMI pour redresser son économie, Alassane Ouattara, formé dans les universités de Philadelphie et de Pennsylvanie aux USA, instaure la carte de séjour des étrangers. Il entame la privatisation des entreprises publiques ivoiriennes (SODECI, EECI, CI TELCOM). Alassane Ouattara impose la réduction des salaires des enseignants de moitié. Il a fait voter à l’Assemblée nationale, la loi liberticide dite « loi anticasseurs ». Celle-ci rend pénalement responsable les leaders des partis d’opposition et les syndicats indépendants des actes ou infractions commises par leurs sympathisants, militants ou syndiqués. A la suite d’une marche de protestation consécutive à un raid de l’armée sur la cité universitaire de Youpougon, il fait emprisonner  l’ensemble des responsables de l’opposition avec leur famille à la MACA dont Laurent Gbagbo ; sa femme Simone Gbagbo sera également emprisonnée. Alassane Ouattara décide la suppression des restaurants universitaires ainsi que les cars de transport gratuits des étudiants, il augmente les frais d’inscription dans les universités et introduit les loyers payants des chambres d’étudiant. Il supprime la gratuité des soins hospitaliers. Il confie à l’entreprise de sa femme (AICI) la gestion du patrimoine mobilier du pays et prépare le dossier de la dévaluation du franc CFA qui aura lieu en 1994.

Membre du syndicat national de la recherche et de l’enseignement supérieur (SYNARES), Laurent Gbagbo participe aux mouvements de grève de l’enseignement en 1982, et fonde dans la clandestinité le futur Front Populaire Ivoirien. Il part en exil pour la France en 1985, afin de lutter contre la dictature du PDCI, alors parti unique, et promouvoir le multipartisme. Il épouse en secondes noces Simone Ehivet Gbagbo, syndicaliste marxiste. En mai 1991, puis en février 1992 ont lieu d’importantes manifestations étudiantes. Le 18 février – Alassane Ouattara étant alors premier ministre – Gbagbo est arrêté, puis condamné le 6 mars à deux ans de prison. Il importe de préciser que Laurent Gbagbo alors député à l’Assemblée nationale, fut condamné et incarcéré sans que son immunité parlementaire ne soit levée.

En 2000, Laurent Gbagbo, élu Président, marque sa gouvernance par un style différent : il instaure l’école gratuite, la suppression de l’uniforme, l’assurance maladie universelle. Il met aussi en place le processus de décentralisation.

 

 

Le vocabulaire de la désinformation : une stratégie de manipulation de longue date

« Escadrons de la mort », « charniers », « charnier de Youpougon », « actes génocidaires », « poudrière identitaire », « crimes contre l’humanité » ces mots et concepts associés sont choisis par les médias et répétés à longueur de temps sur les ondes. Rappelons que les journaux Le Monde, Libération, La Croix, Paris Match, etc ont été condamnés par les tribunaux français suite aux plaintes des époux Gbagbo. Il s’agit là en effet d’une vieille méthode déjà très employée dans d’autres circonstances sur le continent africain: durant les années 60 pour faire tomber Patrice Lumumba, le nationaliste du Congo Belge ; ou encore pour déstabiliser le Nigéria (Biafra) en utilisant le terme « génocide » pour jouer sur la fibre émotionnelle et ainsi faire appel à la compassion du monde occidental pour mieux légitimer l’intervention militaire française en territoire sous contrôle anglais ; rappelons aussi qu’au Rwanda, de longue date les Belges eurent recours à un langage spécifique pour introduire la division ethnique, une arme de domination pour mieux régner.

Embargo : « un crime humanitaire »…

…Cynisme et hypocrisie des Droits de l’Homme

A la suite de l’interdiction des navires sur les ports du pays, décidée par l’union européenne en Février 2011, les cargaisons de médicaments destinées à la Côte d’Ivoire ont depuis été détournées vers le port de Dakar. Ces mesures de rétorsion mettent en danger la vie de millions de malades en Côte d’Ivoire.

Cette mesure d’embargo fait partie d’une série de décisions de l’Union Européenne visant à asphyxier le pays à tous les niveaux, et notamment au plan économique, sanitaire et de la diplomatie. Elle vise à obtenir ainsi le départ du président Laurent Gbagbo du pouvoir et imposer l’opposant Alassane Ouattara.

Ces mesures de rétorsion touchent aussi les producteurs de cacao, paysans et ouvriers agricoles qui ne peuvent plus vivre de leur production.

Quelle politique à venir en ce début du XXIe siècle ?

1454 : le Pape Alphonse V autorisait la traite négrière

1885 : l’Europe se partage l’Afrique

2011 : un nouvel ordre est-il en train de se dessiner, dans lequel l’Afrique serait encore la proie des capitalistes occidentaux ?

La vision d’une politique africaine alternative doit maintenant dépasser la dénonciation de la Françafrique. Au-delà de la relation coupable avec les dictateurs africains, les relations franco-africaines sont empoisonnées par une méfiance constante et systématique envers les dirigeants africains. Certains s’efforcent pourtant de développer une nouvelle forme de souveraineté.

Quant aux rôles des médias et de la société civile occidentale, quand se mettront-ils enfin au service de cette volonté d’émancipation et de liberté dont font preuve – chaque jour d’avantage – les populations africaines ?

Nathalie Callede

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